2015, année noire pour le fisc



Jean-Baptiste Giraud
Mercredi 17 Décembre 2014

C'est désormais officiel : il manquera au moins 11,5 milliards d'euros de recettes fiscales pour 2014, par rapport aux prévisions. Sont-ce les prévisions qui étaient trop optimistes ? Un peu. Mais c'est surtout parce que les contribuables, aussi bien personnes physiques que personnes morales, s'organisent pour ne plus payer. Et cela ne fait que commencer.


Car sur les 11,5 milliards d'euros manquants, plus de la moitié font défaut au niveau de l'impôt sur le revenu, acquitté par les ménages. Que s'est-il passé ? Eh bien, tout simplement, les ménages ont déclaré moins de revenus imposables que prévu. Comment ? En défiscalisant quand ils le pouvaient, les "niches" sont encore nombreuses. En faisant des dons éligibles à réductions d'impôts. En oubliant de déclarer, quand c'est possible, tel ou tel revenu. Mais surtout, pour l'essentiel, en... ne créant pas des revenus qui pourraient être taxés, en "bout de tranche", à 40, 50, 50 %. Car franchement, à quoi bon, quand on est chirurgien ou avocat, travailler encore comme un chien en novembre ou en décembre, si l'on sait que les revenus générés pendant ces mois là seront spoliés pour la moitié ou plus encore par le fisc ? La plupart reportent la facturation de leurs prestations  à l'année suivante voire... la prestation elle-même.

Il y a aussi tout ceux qui ont la possibilité de percevoir une partie de leur chiffre d'affaires au black. Cela va de la femme de ménage parent isolé au chômage partiel qui fait des heures en plus payées en liquide, à tout les métiers de l'artisanat, du service ou du conseil, que l'on accepte de payer au black car l'on sait que l'on ne payera qu'à bonne réception ou exécution de la prestation. 

Deux années de matraquage fiscal (Michel Sapin dixit) ont fâché les Français avec l'impôt. Durablement. Il n'y a désormais pas d'autre voie, pour sortir le pays de l'ornière, que de les baisser rapidement et massivement, en dégraissant le mammouth au maximum. L'heure n'est plus aux gels des traitements des fonctionnaires, mais bel et bien à la taille massivement dans les charges de personnel de l'Etat, qui représentent 60 % de son budget. Pour économiser au moins 100 milliards, le minimum pour espérer s'en sortir, il faudra rogner de 5 à 10 % les rémunérations des petits fonctionnaires, de 10 à 20 % des cadres intermédiaires, de 30 % pour tous les autres, au dessus de 4000 euros. 4000 euros, ou le fameux "seuil à partir duquel on est riche en France", dixit... François Hollande. 

C'est pour bientôt. 

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