Adblock, et la pub est bloquée sur Internet



Mardi 6 Octobre 2015

Chez les annonceurs, Adblock, le bloqueur de pub sur les sites Internet, ne fait pas l’unanimité.


Bientôt la fin des pop-up, pastilles, bannières ou bandeaux publicitaires sur les sites Internet ? Il ne faut pas crier victoire trop vite, mais la tendance prend. À l’initiative de ce courant, la start-up allemande EyeO. Elle a mis sur le marché le produit Adblock : ce programme propose gratuitement aux internautes de bloquer l'affichage des publicités sur tous les sites qu’ils visitent. La lecture n’est plus entrecoupée, et les pages se chargent plus facilement. Évidemment, les internautes sont fans, et EyeO peut se targuer d'avoir 400 millions d'utilisateurs à travers le monde. En revanche, la société allemande s’attire les foudres des marques, des éditeurs et des annonceurs. Résultat, l'entreprise fondée il y a quatre ans par le programmeur Wladimir Palant et l'entrepreneur Till Faida, n’a pas que des amis.
 
La technologie qu’utilise Adblock n’a pas été inventée par EyeO. Elle existe depuis 2002. En revanche, la nouveauté est son usage massif et récent. À plus forte raison depuis qu’une nouvelle fonctionnalité permet de supprimer un message publicitaire diffusé avant une vidéo. Chaque semaine, le programme qui permet cette « prouesse », est téléchargé environ 3 millions de fois ! En France, le programme séduit les internautes, notamment ceux qui vont sur YouTube et Dailymotion. Apple aussi s’y est mis : depuis peu, la société à la pomme autorise l’utilisation de ces systèmes sur iPhone et iPad. Mais pour les  annonceurs et les éditeurs, le manque à gagner énorme. Il est estimé à un milliard de dollars en 2016, selon les prévisions de la banque UBS, rapporte L’Express. Une étude sortie sur PageFair et commandée par l’éditeur de logiciels Adobe, révèle que l’usage intensif de tels procédés sur PC, devrait rapporter 22 milliards en moins pour les sites en 2015.

Interrogé par L’Express, Ben Williams, chef de produit chez EyeO, se défend : « bien entendu, notre offre est controversée et ne plaît pas à tous. Mais chaque nouvel utilisateur est une raison de plus pour l'industrie de s'interroger sur elle-même afin de créer de meilleurs formats publicitaires en ligne. Voilà ce que nous cherchons à encourager. » Du coup, les éditeurs avouent des excès. Certains imaginent un règlement ou un cahier des charges à respecter. Ce qui fait dire à Emmanuel Parody, secrétaire général du Geste, le regroupement des éditeurs de contenus et de services en ligne, à L’Express : « nous devons reprendre la main sur le fonctionnement de nos sites pour ne pas gêner le lecteur. » À bon entendeur...  

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