Ces électro-intensifs qui pourraient débrancher



Lundi 10 Mars 2014

Les industriels français qui nécessitent par leur activité de consommer beaucoup d’électricité paient leur courant 20% de plus qu’en Allemagne. Ce problème de compétitivité pourrait entraîner rapidement des entreprises au cimetière sans action extérieure.


Ces électro-intensifs qui pourraient débrancher
Un consortium régulateur mal né

Pour permettre une meilleure visibilité de leurs coûts, les industriels français électro-intensifs ont créé le consortium Exeltium destiné à payer un coût d’électricité intéressant et stable. Exeltium est née en 2008, quelques jours avant la chute de Lehman Brothers et la crise des subprimes.

Exeltium a été financé par un mécanisme financier d’endettement pour permettre de verser une avance contractuelle gage d’une stabilité des prix d’EDF. Ce dernier a donc reçu 1,75 milliards d’euros de la part d’Exeltium.

Pour le moment, les signataires d’Exeltium n’ont subi que des désavantages. Un peu moins de la moitié de la consommation électrique des entreprises électro-intensives est absorbée contractuellement par les membres d’Exceltium.
Avec ce consortium, les membres électrophages ont signé indirectement un contrat de fourniture de vingt-quatre ans avec EDF. Hélas, l’accès à l’énergie qui devait être plus compétitif s’est révélé dans le fait bien inintéressant. Pire, l’électricité coûte aujourd’hui dix euros au Mégawatt (MW) de plus qu’en Allemagne.
Choix politiques

En 2010, pour ouvrir le marché de l’électricité française, la loi Nome avec le dispositif d’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (Arenh) permet aux concurrents d’EDF d’accéder à une partie de l’énergie d’origine nucléaire française.

Du point de vue concurrentiel, cet effet d’ouverture a une vertu : la baisse des prix. Le tarif mis en place par l’Arenh était cinq euros par mégawatt moins cher que celui négocié par Exeltium et de plus sous contrainte d’engagement.
Par ailleurs, la politique de transition énergétique, et le changement de politique nucléaire ne favarisent pas non plus le contrat engagé par Exeltium. Cela pouvait même remettre en cause l’intérêt d’un tel consortium.

Conséquences entrepreneuriales

Les entreprises industrielles dans les domaines de la chimie, de l’automobile, de la transformation des métaux et de gaz se sont insurgés contre des dispositifs qui pourraient font déjà plonger leur compétitivité.
Les sous-traitants plus fragiles sont aux premières loges et pourraient prendre un virage qui leur serait fatal. Si les productions hors de la France sont davantage rentables, les grands Groupes industriels vont renforcer leurs productions hors de l’hexagone.

En Allemagne, certains secteurs industriels, fleuron du pays, bénéficient d’exonérations de taxes. Ce modèle n’existe pas en France et participe activement à l’écart de compétitivité entre les deux pays.

Vers des intentions de baisse pour sauver les entreprises ?

Le ministère du redressement productif a pris toute l’importance d’action sur le prix de l’électricité. Les industriels demandent une baisse de 20% (dix euros le mégawatt).

Rendre caduque le contrat signé par Exeltium semble une mission impossible tout comme faire bénéficier Exeltium de Arenh, qui serait un non-sens. L’accès direct et prioritaire à l’énergie produite par les barrages serait une opportunité pour les industriels. Cette énergie est peu coûteuse.

Un prix compétitif pourrait aussi être accordé lors d’une baisse volontaire de la consommation des industriels en période de pic avec des contrats d’effacement (Le Monde du 08 mars 2014).
Les négociations risquent d’être vive avec une menace de plus de 100 000 salariés en cas de persistance de mauvaise compétitivité due au prix de l’électricité.

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