Coût de la vie : halte aux idées reçues !



Cafeine Le Mag
Mardi 18 Novembre 2014

Depuis plusieurs années déjà, le pouvoir d’achat est devenu une donnée centrale du débat politique et une préoccupation majeure des Français. Le coût de la vie augmente, mais cet obstacle est-il vraiment infranchissable ?


freedigitalphotos.net
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Crise économique, salaires stagnants, chômage persistant : le coût de la vie est un problème croissant pour les ménages français du fait de l’atonie de l’économie. Pourvoir à certains besoins les plus élémentaires comme se nourrir, se loger ou encore se soigner n’a jamais semblé aussi difficile à certains. Et pourtant les solutions n’ont jamais été aussi nombreuses pour parvenir à résoudre ces problèmes à moindres frais. Contre les discours catastrophistes, rien ne vaut un tour d’horizon des bons plans existants. Des bons plans qui n’en sont plus tellement tant ils font désormais partie du quotidien d’un nombre grandissant de Français.
 
L’inflation, aussi légère soit-elle, existe en France. Les ménages les plus fragiles s’en rendent notamment comptent lorsqu’ils passent à la caisse des supermarchés, particulièrement à l’occasion d’achat de produit frais. Les consommateurs qui se fournissent auprès d’AMAP ont pour leur part trouvé la parade idéale à l’augmentation du prix de ces produits. Le principe de ces « associations pour le maintien d'une agriculture paysanne » est simple : supprimer tous les intermédiaires entre le consommateur et l’agriculteur, et réduire ainsi la facture du premier tout en rémunérant mieux le second. Les AMAP proposent à leurs adhérents des paniers de légumes. On n’a certes pas le choix de sa composition, mais pour 15 euros, d’après le site Adéquations.org un panier raisonnablement fourni contient à Paris « 1 kg de pommes, 500 gr. de poire, 1 kg de pommes de terre, 1 kg de carottes, 100 gr. de mâche, 1 chou vert, 500 gr. de betteraves rouges, 1 botte de poireaux ». Soit largement de quoi préparer une douzaine de repas !
 
Pour les questions d’espace également, les solutions économiques ne manquent pas. L’essor du partage et du commerce entre particuliers a vu naître des solutions qui permettent à tout le monde de louer un peu de place chez son voisin pour un coût imbattable. Besoin d’une place de parking en centre-ville ? Louez la place inutilisée de votre voisin. Manque d’espace pour ranger des objets ? Signez un contrat de location avec le propriétaire d’une cave. C’est en somme ce genre d’arrangements que facilite le site JeStocke.com, lancée par Laure Coutry. « L’idée est de mettre en relation des gens qui ont de l’espace chez eux avec des locataires qui sont le plus souvent dans une situation de mobilité et qui ont besoin d’entreposer leurs affaires comme dans un garde-meuble », explique la présidente de ce site communautaire.
 
Pour beaucoup, les déplacements sont une autre source de soucis financiers notamment lorsqu’ils sont contraints. En France, pays de naissance du train à grande vitesse, le transport ferroviaire remportait jusqu’à très récemment un succès incontesté pour les trajets entre les grandes métropoles. Ce qui n’a pas manqué de faire gonfler les prix des billets… et de favoriser le développement de mode de transports alternatifs. Le covoiturage est l’un d’entre eux et il représente une source d’économie accessible à tous désormais grâce à internet. Par exemple, le leader français des annonces en ligne de covoiturages, Blablacar, « proposait des trajets à 30 euros en moyenne pour un Paris-Lyon le vendredi 11 juillet, alors que les billets de train étaient au minimum 2 fois plus chers », d’après Les Échos.
 
Si le prix a toujours été un argument commercial, le thème plus politique du pouvoir d’achat est lui-même entré dans le vocabulaire marketing. Xavier Niel ne professe-t-il pas « avoir rendu pour 2 milliards d’euros de pouvoir d’achat aux Français », via ses offres mobiles agressives ? Mais la téléphonie et les FAI sont des domaines dans lequel le consommateur dispose encore de marges manoeuvre, en faisant jouer la concurrence. Difficile d’en faire autant avec la santé.
 
Lorsque l’on souffre d’une baisse de niveau de vie, les dépenses de soin figurent parmi les premiers postes budgétaires sacrifiés. Si la sécurité sociale rembourse encore la plupart des dépenses de santé courantes, ce n’est toutefois pas le cas des soins de la vue. Face au poids que ceux-ci représentent pour les budgets les plus fragiles, certains opticiens, à l’instar d’Optic 2000, s’évertuent à proposer dans leur catalogue des lunettes à petit prix. « Nous avons, chez Optic 2000, lancé un forfait à 39 euros, avec des verres Essilor, pour des unifocaux », explique notamment Didier Papaz, le président de l’enseigne coopérative. Et pour ce prix, la qualité de service reste identique à celle dont bénéficie n’importe quel client de l’enseigne. « Toute commande reçue avant 18h30 repart le soir même. Et s’il s’agit d’une commande en France métropolitaine, elle sera livrée le lendemain par air ou par liaison routière avant 12h00, ou même avant 09h00 pour certaines urgences », explique Arnaud de la Rochefordière, le responsable logistique du centre de production et de montage d’Optic 2000 situé à Clamart.
 
Enfin, s’équiper en électroménager blanc ou brun constitue un gain de temps et donc d’économie important pour un foyer. Le prix de ces équipements peut être prohibitif lorsqu’ils sont neufs. Pour autant, il n’est pas nécessaire de payer le prix fort pour en faire l’acquisition. Le développement de l’économie circulaire fait émerger des pratiques nouvelles, pour le bien de tous les porte-monnaie. « Évolution des usages numériques, quasi-stagnation du pouvoir d'achat, tension sur les marchés de nombreuses ressources : les raisons sont nombreuses pour parier sur un développement soutenu de l'économie du partage », commentent Les Échos dans un article récent sur le sujet. Et pour cause d’après une enquête de l’ADEME, la part de Français déclarant acheter des produits d’occasion est passée de 59 % en 2004 à 75 % en 2012. Une tendance de fond que l’ADEME attribue à la pénétration des équipements informatiques dans les foyers et à une déperdition continue de pouvoir d’achat due au ralentissement de l’économie.
 
Des raisons véritablement historiques semblent ainsi pousser les Français à dépenser moins depuis les dix dernières années. Mais cela ne revient pas nécessairement à se priver. Des modes de consommations alternatifs permettent à des dizaines de milliers de foyers de pourvoir à leur besoin et leurs envies sans vivre pour autant au-dessus de leurs moyens. Passer outre la spirale ascendante du coût de la vie n’est en définitive pas impossible. Mais cela réclame, il est vrai, de s’ouvrir à de nouveaux modes de consommation.

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