Croissance et inflation : l’exemple « nippon ni mauvais »



Jeudi 6 Mars 2014

Les négociations salariales annuelles des salariés japonais se termineront dans une semaine. Le premier avril, la TVA du pays du soleil levant va augmenter de 5 à 8%.


Croissance et inflation : l’exemple « nippon ni mauvais »
Des actions gouvernementales ambitieuses et risquées

Ce n’est pourtant pas habituel pour un gouvernement japonais de prendre des gris risques. Le gouvernement du premier ministre japonais Shinzo Abe a pourtant pris des dispositions osées, comme s’attaquer à la dépense publique et à assouplir la monnaie nationale, le yen. M. Abe fait pression sur les entreprises en cette période de shunto, soit la période de discussion des hausses annuelles à l’arrivée du nouveau printemps.

Le gouvernement ose aussi les réformes structurelles et en particulier dans le secteur agricole qui en a bien besoin. La transformation n’est pas sans poser des difficultés pour ce pays insulaire où une erreur structurelle pourrait conduire à une augmentation des denrées alimentaires de manière très importante.

Par ailleurs, à l’arrivée du printemps, le premier ministre japonais a décidé d’augmenter la TVA de plus de 50% pour atteindre 8%. Ce n’est à priori pas énorme comparativement à la France, mais au Japon, cela pèse beaucoup sur les ménages puisque la hausse du salaire moyen qui culmine à un peu moins de 240 000 yens (1710 euros) ne va pas permettre de pallier la hausse de taxe.

Inflation programmée

Même si les salaires devraient augmenter, le total des revenus moyens d’un japonais devrait baisser de 0.2%. Les primes accordées sont moins importantes que les années précédentes.
Les entreprises nippones restent tout de même frileuses en ce qui concerne les salaires, car ce sont des frais fixes permanents alors que le bonus est quant à lui volatile. L’inflation va donc faire son apparition. Sa vertu sera d’être programmée et contrôlée. La consommation des ménages nippons a crû de 1.1% en janvier.

Cette hausse de la TVA de prévoit pour un japonais et s’anticipe. Alors, c’est le moment de renouveler ses anciens appareils plutôt que de les acheter plus tard et plus cher. Les réfrigérateurs se sont arrachés : les ventes ont triplé par rapport au mois de janvier de l’année passée, et les téléviseurs ont vu leur vente grimper d’environ 20%.

Cette hausse significative de la TVA a donc dopé la consommation, alors que comparativement, la hausse de la TVA française de 0,4 points n’a pas changé grand-chose.

Des entreprises en meilleure forme ?

Les entreprises nippones ont vu leurs profits augmenter. C’est avant tout un effet de parité de la monnaie. Le yen faible a permis de doper les exportations, mais pas de manière significative pour voir s’élever le Produit Intérieur Brut (PIB). Ce dernier devrait chuter de 3,9%.

Par ailleurs, l’indice de confiance des entrepreneurs japonais a quelque peu baissé. C’est normal avec une volonté du gouvernement d’augmenter les salaires. Toutefois, les entreprises devraient tout de même tirer leur épingle du jeu au niveau international, avec une politique monétaire intelligente, et des réformes incisives et rapides qui devraient remettre de l’ordre et notamment accélérer non seulement la compétitivité, mais aussi l’efficacité du pays. Le prix à payer reste le pouvoir d’achat, mais les résultats ne devraient pas tarder à venir.

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