Croquer dans le Macron



Jean-Baptiste Giraud
Mardi 18 Novembre 2014

Il est jeune (36 ans), il est beau, il est brillant, il a déjà gagné plein d’argent. Il a épousé une femme de vingt ans de plus que lui, sa prof de Français du lycée, ce qui fait de lui un des rares mecs à ne pas tomber raide d’une bimbo dotée de deux sous de cervelle, qui compense par un bonnet D.


Croquer dans le Macron
Mais surtout, il est plein d’idées, et plein d’audace. Emmanuel Macron est le plus jeune ministre de l’Economie et des Finances depuis… Valéry Giscard d’Estaing dans les années 60. Pour dire si cela faisait longtemps que le poste n’avait pas été occupé par un jeune travaillant pour l'avenir, plutôt que par un vieux se lamentant sur le passé. Le projet de réforme de l’Economie sur lequel il travaille, et prévoit de présenter mi-décembre, qui est déja largement commenté par les médias depuis lundi, pourrait donner un électrochoc salutaire, pour ne pas dire l’électrochoc indispensable dont le pays a besoin. 
 
Laissons lui sa chance, nous n’avons pas le choix
 
Ce dont souffre notre pays en effet, c’est de ses blocages mais aussi de ses faux-semblants. Pour oser les surmonter, les lever, les démonter, les dénoncer, il faut être plein d’espoir et de naïveté, et ça, c’est Macron. Ses bourdes sur les illettrées de Gad, ou sur les pauvres qui pourront voyager en autocar n’en étaient pas ! Il s’est fait tacler par les médias et l’opposition mais dans le fond, reste persuadé d’avoir eu raison de dire… La vérité. Il a été maladroit, mais sincère, cela ne fait pas un pli. Quand on lâche un job à 1 million d’euros par an, pour un dix fois moins bien payé, où l’on bosse deux fois plus, et se prend des claques toute la journée, c’est obligatoirement parce que l’on pense pouvoir arriver à changer les choses.
 
La réforme ou la mort
 
Alors, oui, moi, je propose de croquer dans le Macron. Laissons lui sa chance, car tout ceux qui l’ont précédé dans le fauteuil de ministre de l’Economie et des Finances n’ont pas brillé, il faut bien le dire, par leurs résultats. Ils vous diront « c’était la crise ! », mais les ministres des finances anglais ou allemands, pour ne citer qu’eux en Europe, obtiennent pourtant de bien meilleurs résultats, parce qu’ils font vraiment bouger les lignes. Il faut dire que la mentalité anglaise ou allemande se prête beaucoup mieux à l’idée même du changement. Pas nous.
 
Si Macron tape du poing sur la table pour réformer le pays, alors, j’ai envie de lui faire confiance, tout simplement parce que l’on a ni le temps ni le choix. Attendre 2017 et une alternance dont rien ne dit qu’elle sera la panacée n’est pas une solution : la situation sur les fronts du chômage, du pouvoir d’achat, du logement, de l’inflation ne s’amélioreront pas pendant les deux années à venir si l’on ne bouge pas. Il est aux manettes, il est différent des autres, on n’a pas le choix, alors pour moi c’est « vas-y Emmanuel ! » 

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