Davos et ses contradictions



Lundi 27 Janvier 2014

Le forum de Davos, qui réunit les hommes d’affaires les plus influents, des responsables politiques, des économistes vient de se terminer samedi 25 janvier 2014. Le diagnostic est partagé, entre inquiétude et optimisme.


Davos et ses contradictions
Une croissance mondiale hétérogène

C’est une évidence : la croissance s’installe un peu partout sur la planète. Des continents autrefois boudés deviennent de véritables eldorados comme l’Afrique. Les Etats-Unis qui ont prévu de tout d’abord soutenir le tissu entrepreneurial puis de manière séquentielle désendetter le pays, devrait atteindre une croissance de 3%. Les résultats de la fin de l’année confirment cette tendance et créent un climat de confiance outre atlantique.

Le continent européen lui aussi mais à une autre vitesse semble s’orienter vers la croissance. La France a choisi une autre stratégie en aidant les entreprises et simultanément en désendettant le pays. Le ralenti est mis en avant, puisque la trajectoire de désendettement du gouvernement a été revue à la baisse. Néanmoins, les perspectives de croissance sont bien présentes, mais sans doute très en dessous du taux de croissance mondiale prévu par le FMI (Fonds Monétaire International), à savoir 3.7%.

Les pays émergents restent de véritables locomotives et la croissance forte sera inévitablement au rendez-vous pour la Chine, le Brésil et l’Inde, même si un taux à deux chiffres n’est pas confirmé.
Les risques de déflation en Europe sont faibles selon Mme Lagarde, et la BCE (Banque Centrale Européenne) menée par M. Draghi s’engage à intervenir le cas échéant pour éviter une crise monétaire qui pourrait compromettre les perspectives de croissance.

Une répartition des richesses inquiétante

1% de la population mondiale, les plus fortunés, détiennent près de 50% des richesses mondiales. Et d’ailleurs, aux Etats-Unis, selon Oxfam, « 1% des plus riches du pays ont confisqué entre 2009 et 2012, 95% de la croissance américaine ».

L’écart entre les riches et les pauvres se creuse sous fond de croissance. Alors à qui profite cette croissance si la population la plus pauvre de la planète subit une dégradation de ses conditions de vie ?
C’est la raison pour laquelle les projets humanitaires à but non lucratif ont le vent en poupe. Matthieu Ricard, présent à Davos, a réussi à mettre sur pieds Karuna-Shechen , une association qui pilote et finance 110 projets humanitaires en Asie. L’objectif est donc de permettre aux catégories sociales les plus pauvres de vivre dignement et avec un minimum de services (santé, nourriture, hébergement,…)

Patrons responsables

Les contradictions de Davos, qui se lisent sur les moyens d’arriver à une croissance homogène dépend finalement de la pratique des entrepreneurs et de leur maturité en ce qui concerne les actions responsables.
La question n’est plus « comment faire un maximum de profits ? », mais plutôt « comment rendre l’entreprise rentable tout en prenant soin des individus qui travaillent de près ou de plus loin pour elle ? ». La divergence vient de la part des chefs d’entreprise qui sont encore restés dans la résolution de la première question, où tous les moyens sont bons pour créer de la richesse, sans se préoccuper des conséquences sociales.

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