Dégazage pour GDF Suez



Jeudi 27 Février 2014

Le Président du Groupe français GDF Suez a présenté les résultats 2013. Le résultat net reste acceptable pour atteindre 3.4 milliards d’euros, mais près de 15 milliards d’euros de dépréciations d’actifs n’affaiblissent pas le géant du gaz.


Dégazage pour GDF Suez
Surcapacités européennes

La lente baisse des prix du marché de l’électricité européen reste le résultat d’un capacitaire de production trop important et une demande qui baisse. C’est la raison pour laquelle le Groupe GDF Suez a décidé de déprécier certains actifs en Europe comme des centrales électriques thermiques et des capacités de stockage de gaz.

L’heure est venue pour l’Europe de se transformer. La transition énergétique arrive à grands pas. La gouvernance de l’Allemagne a déjà pris des décisions, notamment par rapport à l’électricité d’origine nucléaire.

Il est évident que les premiers qui auront franchi le pas de la transformation seront les vainqueurs : leurs capacités de production qui auront un avenir pourront fournir l’énergie nouvelle alors que les suivants n’en auront pas la capacité et perdraient ainsi de précieuses parts de marchés.

Volonté de changement qui se traduit dans les comptes

Gérard Mestrallet s’est exprimé en conférence de presse et affirme que « a transformation radicale [de GDF Suez] ../.. va favoriser l’entrée dans un monde énergétique nouveau ».

La dépréciation des actifs est une décision en phase avec un changement radical, c’est-à-dire se débarrasser d’actifs perçus comme des fardeaux, qu’il sera difficile de valoriser dans le futur.
Le PDG de GDF Suez a donc une vision à moyen et long terme tout à fait vertueuse pour rassurer les marchés. D’ailleurs, l’action a été très demandée hier et s’est envolée en clôturant avec une hausse de 4.64%.

Pour actionner le changement, GDF Suez va investir sur le prochain triennal 9 à 10 milliards d’euros afin de financer une croissance externe avec une somme d’acquisitions de petite et moyenne tailles.
La stratégie pour devenir l’énergéticien de référence dans les pays à forte croissance est en marche. Plusieurs projets sont en construction pour la quasi-totalité dans ces pays émergents. Ces projets représentent un capacitaire de production de 15 GW, et l’année 2014 devrait voir ce niveau encore augmenter. Depuis 2009, l’énergéticien a fermé des centrales thermiques qui représentent 11.5GW de capacitaire.

Les nouveaux actifs vont donc arriver petit à petit, avec des rotations usuelles entre 2 et 3 milliards par an qui financeront exclusivement des investissements de croissance. Cette stratégie d’investissement met fin au programme trop lourd de désinvestissement de 11 milliards d’euros sur les années 2013 et 2014.

Des développements sans précédent

L’énergéticien compte croître dans dans des technologies innovantes telles que la cogénération (production de chaleur et d’électricité) à partir de biomasse, biogaz, éolien, solaire, géothermie,…
Et pour cela, GDF Suez dispose d’une arme redoutable : le CRIGEN (Centre de Recherche et d’Innovation du Gaz et des Energies Nouvelles). Le CRIGEN était très présent aux journées françaises de la micro cogénération. David Dupuis, qui représentait l’énergéticien lors de cette manifestation, a bien mis en évidence que les « technologies étaient prêtes ».

Les projets dans les cartons sont très convoités et les concurrents de GDF Suez n’ont qu’à bien se tenir. La bourse elle, salue ce très fort développement avec des innovations pragmatiques.

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