Dérapage du climat chez Orange



Jeudi 20 Mars 2014

Depuis le début de l’année neuf nouveaux suicides ont été recensés chez l’opérateur téléphonique Orange.


Dérapage du climat chez Orange
Une contagion qui n’en finit pas

La triste nouvelle a été confirmée par l’Observatoire du stress et des mobilités forcées avec une caractérisation de grave alerte. Le nombre de suicides en à peine trois mois est équivalent à celui de l’année passée.
Pourtant les services sociaux de l’entreprise ainsi que les ressources humaines avaient pris des mesures depuis plusieurs mois pour enrayer ce phénomène morbide. Le climat social semblait ces derniers mois plus serein. Toute l’entreprise se sentait concernée.

Le tiers des derniers cas de suicides sont apparemment liés au stress du travail selon la CFE-CGC. Cela témoigne d’un échec de la politique du Groupe qui a voulu redorer son blason dernièrement.

Ménagement des changements

Orange a conduit une succession de changements structurels pour éradiquer le stress et mieux communiquer. La mise en vente de SFR n’a pas attiré Orange. Ce dernier n’a pas déposé d’offre de rachat de son concurrent comme l’ont fait Bouygues Telecom et Numericable.

Ce n’est sans doute pas un hasard si Orange n’a pas souhaité rentrer dans un processus d’achat. Une éventuelle fusion aurait pu conduire à une nième conduite du changement à la fois structurelle et opérationnelle. Il est fort possible que l’ensemble du personnel ne puisse pas supporter un nouveau changement.

Alors, Orange sort sans doute grand perdant de ce match médiatisé de rachat de SFR en étant resté à l’écart. Cependant, c’est tout à son honneur de ne pas procurer davantage de stress à des collaborateurs qui n’en n’ont vraiment pas besoin.

Quête de bien-être

Selon une étude de l’entreprise sens et croissance, 80% de collaborateurs d’une entreprise questionnée sur le bonheur au travail (Société de services français) cherchent en premier lieu un lien social fort dans l’entreprise. Et ce lien s’avère être de dire bonjour à tout le monde chaque matin. C’est le premier élément de l’enquête qui ressort loin devant des horaires flexibles et des éléments matériels (la paie par exemple).

Tout ce qui manque aux entreprises et pas que chez Orange, c’est « redonner du sens à sa vie [professionnelle], retrouver ses repères », martèle Hugues Minguet, le fondateur du cabinet sens et croissance et également moine bénédictin.
Orange comme d’autres entreprises qui ne tournent pas rond devraient ainsi améliorer le climat en rééduquant les salariés aux repères et à la quête de sens qui procure satisfaction et bonheur. C’est donc un changement de climat profond basé sur la culture du positif qui doit se propager par contagion naturelle. Marisol Touraine la ministre de la santé a fait part de sa préoccupation et a invité Orange à prendre les mesures nécessaires. Paradoxalement  il s’agit bien d’un changement de climat, mais sous la pression…

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