Du sang jeune pour stopper le vieillissement du cerveau



Jeudi 15 Mai 2014

Dit comme cela, ça peut faire froid dans le dos. Et pourtant, une étude américaine vient de démontrer que des transfusions de sang de jeunes souris vivifient le cerveau de leurs congénères plus âgés.


Du sang jeune pour stopper le vieillissement du cerveau
Qu’on se rassure. Il est ici question de rongeurs, même si dans quelques années, le principe pourra être adapté à l’homme… En attendant, des chercheurs américains, membres de l'École de médecine de l'université de Californie à San Francisco, viennent de publier dans la revue Nature Medicine, les résultats de leurs études : transfuser des souris âgées pendant un temps donné, avec du sang de bébés souris, a un effet ragaillardissant sur les neurones des rongeurs séniors.

Ainsi, les chercheurs affirment que le sang jeune contient « quelque chose de spécial » capable de ralentir les multiples aléas du vieillissement. Surtout, l’un des principaux auteurs de l’étude, Saul Villeda, estime qu’il est tout à fait justifié d’étendre ces recherches à l’homme.

Du plasma de bébés souris âgés de trois mois, a été administré de façon successive, soit huit fois en un peu moins d’un mois, à leurs congénères d’un an et demi, en sachant qu’une souris vit en moyenne deux ans. Ce sang jeune a nettement amélioré les fonctions cognitives des souris plus âgées : une mémoire augmentée et une facilité plus grande à apprendre des tâches. En un mot, un effet dopant, loin d'être négligeable.

Dans les faits, les chercheurs ont constaté que les souris transfusées avec du sang jeune, avaient une meilleure mémoire pour se souvenir de l’emplacement d’objets cachés sous l’eau. Leurs cerveaux moulinaient plus vite, et surtout, ces injections de sang ont freiné son vieillissement à plusieurs niveaux : moléculaire, structurel, fonctionnel et cognitif sur l'ensemble de l'hippocampe, la zone du cerveau particulièrement touchée par le vieillissement, et qui joue un rôle central dans la mémoire, notamment spatiale, et l'orientation.

Si l’homme a tout a gagner de ces avancées, il subsiste un grand nombre de questions sur la quantité de sang à injecter, et surtout, sur les risques potentiels à long terme. Peut mieux faire, au boulot : l’expérimentation sur l’homme n’est pas encore pour demain.

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