Écrire avec le réflexe pupillaire



Jeudi 25 Février 2016

Une avancée scientifique va peut-être permettre aux personnes paralysées d’écrire avec leur « esprit ». Autrement dit, grâce au réflexe pupillaire.


C’est peut-être la fin d’un long calvaire pour les personnes paralysées. Une nouvelle technique d’écriture pourrait en effet leur permettre d’écrire. Comment ? En utilisant ce qu’on appelle le réflexe pupillaire. Dans les détails, cette technique, rappelle 20minutes.fr, s’appuie « sur la réaction de la pupille à la lumière. » Elle pourrait permettre aux personnes paralysées « d’écrire » à nouveau.

En effet, des chercheurs du laboratoire de psychologie cognitive de l’Université Aix-Marseille, conjointement avec des scientifiques de l’Institut Helmholtz de l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas, ont établi un procédé révolutionnaire, « basé sur le réflexe pupillaire. » C’est un peu l’expérience de Jean- Dominique Bauby racontée dans « Le Scaphandre et le papillon ». Sauf que là, la technique nécessite zéro mouvement, pas même un clignement d’œil.
 
Sebastiaan Mathôt, chercheur au laboratoire de psychologie cognitive, explique à 20minutes.fr : « la pupille se rétrécit à la lumière et s’élargit dans l’obscurité : c’est le réflexe pupillaire. » Quand on dit « écrire avec son esprit », il s’agit d’enregistrer le mouvement de la pupille et ses « oscillations » en fonction de la lumière. Dans la pratique, les chercheurs disposent « sur un écran d’ordinateur des lettres sur des fonds noirs ou clairs, sombres ou lumineux. Lorsque le cercle autour de la lettre A est noir, celui autour de la lettre B est blanc, et vice versa. »
 
Ainsi, la taille de la pupille va se modifier en « réponse à la lumière : le B est d’abord sur fond blanc donc la pupille va se contracter, puis le B va être mis sur fond noir donc la pupille va se dilater et lorsque le B va devenir à nouveau blanc, la pupille va encore se contracter. En enregistrant le rythme de variation de la taille de la pupille, l’ordinateur sait avec certitude quelle lettre la personne est en train de regarder. »
 
Toutefois, grâce à l’attention périphérique, il n’est pas obligatoire de fixer la lumière ou la lettre : « il suffit de porter son attention sur la lettre, et la pupille répond tout de même (…) Le réflexe pupillaire est moins fort mais il est toujours présent », explique Sebastiaan Mathôt. De quoi sortir les personnes paralysées de leur silence forcé ? On l'espère, d'ici un an.

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