Et si le typhon philippin nous arrivait demain ?



Mercredi 13 Novembre 2013

Nos entreprises françaises seraient-elles prêtes à affronter un problème comme celui-là : se relever d’une catastrophe naturelle majeure ? La situation serait grave mais pas désespérée. Projection dans un scénario inquiétant par son origine, mais peut-être pas si déroutant à condition d’être bien préparé.


Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan s’est abattu sur l’archipel des Philippines. Plusieurs dizaines de morts sont à déplorer, les habitants sont privés de toute communication physique, les aéroports ne fonctionnent plus. L’isolement des populations est total : routes coupées et les approvisionnements sont extrêmement limités
Il n’est que peu probable de subir un typhon en France, compte-tenu de sa position géographique. Néanmoins, l’hexagone est habitué à des catastrophes naturelles récurrentes, comme des inondations dans la Somme, des tempêtes violentes avec des navires qui sombrent, comme l’Erica en décembre 1999.

De plus, par rapport aux Philippines, notre pays est fortement industrialisé, et d’autres catastrophes sont susceptibles d’arriver, comme l’explosion de l’usine d’engrais AZF en région toulousaine le 21 septembre 2001, ou encore l’accident de l’usine Sandoz en Suisse dont l’incendie a provoqué une vaste pollution du Rhin en France.
Or, notre pays a la chance de posséder des dispositifs de sécurité impressionnants. La priorité reste dans un premier temps de sécuriser la population, puis de maintenir un niveau d’approvisionnement et enfin de protéger le patrimoine qu’il soit historique, personnel ou professionnel, à savoir les habitations et les locaux professionnels. En cas de catastrophe, le Préfet est habilité à prendre les pleins pouvoirs, dans le cadre de l’activation du dispositif Orsec. Dans ces situations extrêmes, le Préfet commande les opérations pour mettre à l’abri les populations et protéger les biens de première nécessité.

Ainsi, Hugues Parant, le Préfet de région marseillaise a demandé la mise en place d’un plan spécifique Orsec pour la zone commerciale de Plan-de-campagne au nord de Marseille. Il s’agit d’une prévention mise en place à la suite de la tornade qui s’est abattue le 14 octobre 2012 dans cette zone de grande affluence.
Un pays n’est jamais trop bien préparé, mais le fait d’anticiper permet de minimiser les risques durables. Curieusement au Japon, qui est un pays beaucoup plus habitué aux grandes catastrophes naturelles, et qui peuvent dégénérer en catastrophe industrielle comme ce fut le cas avec l’accident de Fukushima du 11 mars 2011, qui a fait suite à un raz-de-marée, les dispositions immédiates ne sont peut-être pas aussi efficaces que les nôtres. Néanmoins, l’implication de la population a été si importante que le pays a pu se relever très vite.

Même en période de crise où toute économie pour les entreprises est bonne à prendre, la sécurité n’est réglementairement jamais sacrifiée. Les exemples de catastrophes qui ont secoué notre pays n’ont eu que très peu de répercussions à long terme sur le tissu entrepreneurial. La difficulté que nous pourrions observer, comparativement aux japonais, serait l’implication au travail immédiate et l’entre-aide globale en cas de force majeure.

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