Faible croissance : une fatalité ?



Mardi 5 Novembre 2013

Relancer la croissance économique : en vulgarisant, il s’agit de transformer de la richesse programmée en billets de banque. A tous bout de champ, on entend parler de faible croissance. Autrement dit, une société qui ne produit plus n’a plus d’argent. Sans argent, on ne vit plus. Des choses bien opposées : plonger dans une piscine de Louis d’Or pour les uns et être heureux pour les autres. Comment changer de disque ?


Faible croissance : une fatalité ?
Société sans industrie
Peu après le choc pétrolier de 1973, la société sans industrie devenait le nouvel idéal. La solution radicale était toute trouvée avec ce nouveau paradigme pour les pays développés de manière à augmenter le niveau de qualité de vie grâce à l’éradication des travaux pénibles et difficiles. Avec le temps, la disparition de compétences et savoir-faire s’avère inéluctable. Par exemple, les ingénieurs des Arts & Métiers destinés à diriger un centre de production sont amenés à se reconvertir ou à changer de voie.
Economie de résilience
Laisser passer l’orage. C’est peut-être la solution. Pourquoi faudrait-il se désindustrialiser et faire muter notre richesse dès lors que d’autres pays semblent plus attractifs que les pays industrialisés ? Aller vers une économie de résilience. C’est ce que propose Elisabeth Ducottet, Présidente de l’ASMEP-ETI, l’association des entreprises de taille intermédiaire, et Présidente de l’entreprise familiale de textiles techniques Thuasne qui affirme qu’il « faut activer notre capacité de résilience » (interview France Inter du 2/11/2013). C’est-à-dire, que notre industrie doit pouvoir encaisser les évolutions constantes de notre monde en mettent en avant ce qu’elle sait faire de mieux. En d’autres termes, il s’agit de valoriser le patrimoine du savoir-faire et de le dynamiser. Oui, la croissance faible, serait sans nul doute salutaire pour les générations à venir dès lors que les richesses qui transpirent par nos savoir-faire passés ne sont pas perdus.
Croissance molle
La plupart pense qu’une croissance molle, à savoir très modérée voire nulle s’avère un mauvais choix, ou encore une situation subie. Sans entrer dans un débat politique, lorsqu’un coût de grisou survient dans le domaine économique, encore faut-il le voir arriver et prendre les mesures de sécurité qui s’imposent. Donc, il est préférable de gérer une croissance molle qu’une récession si l’on a le choix. Et justement, l’endettement de tous les pays d’Europe a une relation de cause à effet sur la croissance. Pour protéger une population, notamment son pouvoir d’achat, la stabilité des prix est un levier dont les économistes ne se privent pas. Ce qui indique bien qu’il reste encore des choix, certes limités, pour éviter de tomber dans la récession.
Objectif : stabilité par la technologie
D’autant plus riche on est, que l’on cultive son jardin et qu’il peut être mis en partie à disposition de ses voisins. Le phénomène décroissant locavore devient de plus en plus important tel un virus qui prend sa place. L’innovation technologique serait ici un retour aux rudiments de la vie : être heureux, et vivre en totale décontraction. L’exemple de l’agriculture raisonnée de précision reste ici un bon exemple. L'agriculteur du futur laboure son champ grâce au GPS qui lui permet d'utiliser un minimum de produits chimiques et d’engrais et dont l’objectif est de limiter la pollution et nourrir la population sainement. Sa production est optimisée grâce à un modèle numérique de terrain spécialisé à ses cultures et à son positionnement par GPS. C’est réellement une richesse que de produire intelligemment des cultures qui bénéficient aux populations locales et en cas d’excès de production d’exporter, y compris dans les pays lointains, là où la famine sévit.
La croissance : changer le disque
En France, la croissance passe donc par l’utilisation de tous ses savoir-faire. Et il c’est tout à fait pragmatique. Encore faut-il en prendre conscience ! Vivre mieux et créer des richesses ne sont pas incompatible. Evitons de parler d’argent. Car l’important, c’est bien de vivre, de s’épanouir et d’avoir une vie sociale riche. Produire, c’est possible, grâce à nos ETI, à nos industries, à nos artisans qui cultivent toute la force de nos savoir-faire. Par conséquent, adaptons-nous, soyons conscients que nous avons des richesses qui dépassent le « monnayable ». Croître doucement c’est aussi s’élever avec assurance à partir du moment où nous sommes libres (ce qui n’est pas le cas de tous les Etats du monde).

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