Gaspillages : combien ça nous coûte ?



Valérie Dumas
Mardi 27 Mai 2014

Le Président de la République utilise un avion Falcon pour aller voter à Tulle, coût estimé de l’aller-retour : 9200 euros. Une erreur de la SNCF et de Réseau Ferré de France sur la largeur de 1300 nouveaux wagons engendre des travaux évalués entre 50 et 300 millions d’euros pour mettre aux normes les quais. Les Français ne supportent plus les gaspillages d’argent alors qu’ils payent chaque jour dans leur vie quotidienne les effets de la crise et des restrictions budgétaires.


Les partis politiques eux non plus n’échappent pas à l’opprobre. Ainsi Jean-François Copé à la tête de l’UMP va devoir rendre des comptes pour des factures de prestations fictives qui ont atteint 18 millions d’euros alors que le parti venait tout juste de faire la manche auprès des militants pour éponger un déficit de 11 millions d’euros. 

Une vox populi exaspérée

Tandis que les gouvernants demandent aux salariés du secteur privé, aux fonctionnaires de se serrer la ceinture, on découvre régulièrement que le flux d’argent continue à alimenter les caisses de quelques-uns au détriment de la collectivité.
Mais ce qui autrefois aurait pu se résumer par un article dénonciateur du Canard enchaîné est aujourd’hui relayé par Internet et les réseaux sociaux, nouveaux moyens d’expression d’une vox populi passablement exaspérée par ces comportements. Et les effets sont immédiats, François Hollande a vite retenu la leçon et c’est en voiture qu’il est allé voter pour les Européennes. A l’UMP, Copé a senti le vent du boulet et à décidé – poussé par de nouvelles révélations de Libération - de faire toute la lumière sur les dépenses abusives de l’UMP.

Transparence : on est encore loin du compte

Un député, René Dosière, s’est fait le champion du contrôle des dépenses publiques. Sur son blog il écrivait au mois d’avril « Économies, le gouvernement doit montrer l’exemple » et préconisait la limitation des effectifs des cabinets, la diminution des rémunérations, et l’amélioration de la transparence. On est encore loin du compte.
 
Le phénomène ne touche pas que la France. Si peu de voix se sont élevées en Russie pour dénoncer les milliards dépensés par Vladimir Poutine pour les jeux olympiques d’hiver de Sotchi, au Brésil, les manifestations se succèdent dans la rue à quelques jours du Mondial de football pour protester contre le coût de l’évènement alors que le pays souffre de problèmes de santé, de logement, de chômage. Pour RFI « ce chiffre de 11 milliards d’euros devrait être sans doute dépassé d’ici le 12 juin 2014, date du coup d’envoi. Soit pour le moment, environ 57 euros pour chacun des 194 millions de Brésiliens. Pour exemple, le stade mythique du Maracana à coûté 449 millions d’euros après deux ans et demi de rénovation. Le double du devis initial. »

Aux gaspillages et malversations de toutes sortes il faudrait maintenant éviter d’y rajouter le prix du mécontentement si on veut que l’addition ne soit pas trop lourde pour tous.

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