Habiter aujourd’hui, ce n’est pas comme habiter hier



Vendredi 6 Novembre 2015

Aujourd’hui, plusieurs facteurs sociétaux sont mis en lumière, qui modifient la façon d’habiter des Français.


La façon d’occuper un logement en dit long. Surtout, cela suit les évolutions de la société. Aujourd’hui, plusieurs courants ou tendances ont des répercussions sur la manière dont nous habitons un lieu. C’est ce qui ressort d’une enquête effectuée par l’institut de sondage Ipsos, pour le compte du Lab’ du réseau immobilier Orpi. Pour ce faire, Ipsos s’est attaché les services du sociologue Jean-Claude Kaufmann. On doit à ce spécialiste de la vie quotidienne, des essais passionnants comme Un lit pour deux, ou Le Sac, entre autres, parus chez Lattès. Ainsi, l’institut et le sociologue en sont arrivés aux conclusions suivantes : « l’économie du partage, le mélange vie privée et professionnelle et l’allongement de la vie », cite Le Figaro, ont transformé en profondeur la relation que les Français entretiennent avec leur logement. Aujourd’hui, ces tendances s’ancrent. Demain, elles prendront encore plus d’importance, que ce soit pour les seniors, ou les plus jeunes.
 
Ainsi, chez ces derniers, la colocation s’inscrit comme un courant de fond. D’ailleurs, elle ne se réduit pas forcément à une phase de dépannage. Elle s’étend à un public plus important, et s’appuie sur des valeurs liées au collectif. Sur mille personnes interrogées par l’Ipsos, 28 % disent pouvoir envisager d’y recourir ; 8 % l’ayant déjà expérimentée, et plus précisément 39% des moins de 35 ans. « La colocation cumule actuellement les avantages. C’est une solution économique, mais c’est aussi un moyen pour les jeunes de ne pas s’installer trop vite. On s’investit moins dans une colocation et on y conserve cette impression de se démultiplier et de vivre plus intensément », explique Jean-Claude Kaufmann au Figaro.
 
Différent, mais dans la lignée de la colocation, un autre courant émerge. Il s’agit, pour 40% des seniors interrogés, d’imaginer louer une chambre de leur logement, à un étudiant par exemple. L’idée qui prévaut est d’en tirer un complément de revenu. Cette idée est partagée par 37 % des plus de 65 ans, et 51 % des moins de 35 ans. Ce qui se dégage également, est l’échange de logements sur une courte durée. Cette tendance est portée par l’économie collaborative. Cette dernière a des conséquences très importantes sur le lien qu’entretiennent les Français à leur logement. Selon l’Ipsos, 52 % sont prêts à envisager un échange d'appartement ou de maison pendant les vacances. Résultat, la résidence secondaire ne séduit plus comme avant. Ces échanges à durée limitée, sont à différencier du nomadisme. Ce phénomène, moins éphémère, pousserait 56% des Français à s’expatrier pour des périodes plus longues.
 
Télétravail, limite entre vie privée et professionnelle de plus en plus poreuse, et « ubérisation » de la société. Ces trois éléments ont pour conséquence de rendre nécessaire, la présence d’un espace bureau dans la maison. 15% des Français en ont déjà un. Pour 55% des autres, cela représente une possibilité très forte. À côté du coin bureau, le salon reste la pièce préférée des Français. Elle arrive même devant la cuisine. C’est d’ailleurs l’endroit de leur logement qu’ils souhaitent le plus agrandir. 42 %, contre 25% la cuisine. « À l’ère de la maison connectée, on souhaite un chez soi ouvert, avec la possibilité d’avoir des pièces multi-activités. Et le salon s’y prête le mieux », précise Jean-Claude Kaufmann. Quitte à y installer un îlot de cuisine central pour faire Top Chef à la maison...

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