L’Afrique, zone business hétérogène



Mercredi 27 Novembre 2013

Le boom de l’Afrique est en marche. La France, d’ailleurs, souhaite devenir incontournable sur ce continent en organisant les 6 et 7 décembre prochains le sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique. Tous les ministères français sont concernés et impliqués. Cependant, existe-t-il une Afrique à deux vitesses ? Certains pays sont-ils plus convoités que d’autres dans la conquête des affaires ?


Au cœur : le développement de l’Afrique

De nombreux continents s’intéressent à l’Afrique, comme la Chine. Cette dernière tente d’accéder à cette potentielle manne tant commerciale et que manufacturière par son action humanitaire. La République Populaire de Chine a ainsi versé plus de 75 milliards d’euros en dix ans au continent africain. Cette somme colossale frôle le montant de l’aide allouée par les Etats Unis d’Amérique sur la même période. Et ce nouvel entrant bienfaiteur mise sans nul doute sur le développement de l’Afrique à très moyen terme. Ce n’est pas un hasard si le Nigeria figure parmi les pays les plus aidés, contrairement au Mozambique. La guerre énergétique peut s’observer avec une certaine sournoiserie, puisque le financement chinois reste avant tout bienveillant.
Et il n’y a pas d’ambiguïté sur le sujet du développement africain. En effet, le continent fait état d’une croissance d’une moyenne de 5%, là où l’Europe stagne ou est en récession. Le continent africain reste imperturbable dans une crise économique mondiale du fait de sa faible proportion dans les places boursières mondiales. Il s’agit donc d’une valeur sûre qui certes ne possède pas une croissance à deux chiffres mais qui tout de même peut tout à fait s’avérer porteuse de fruits à court/moyen terme.

Une France très bien placée

Lundi dernier, Jean-Paul Agon ,le P-DG du Groupe L’Oréal a annoncé la création d’un centre de recherche en Afrique dans le cadre de stratégie de création de produits grand public adaptés aux différents marchés.  L’Oréal développe des centres de recherches sur chacun de ses plaques régionales à fort potentiel.
La maturité du continent africain reste très hétérogène comme l’indique Jean-Paul Agon lors d’un petit-déjeuner débat ce lundi 25 novembre aux salons Hoche à Paris organisé par le Directeur Général d’HEC, Bernard Ramanantsoa.
L’Afrique s’avère ainsi la suite d’une longue conquête commerciale française après les Etats Unis, l’Amérique latine, l’Asie du Nord et l’Asie du Sud. Dans dix ans, le marché africain représentera un marché de plus d’un milliard et demi de consommateurs à capter. C’est bien pour cela que la France s’y intéresse tant. Et c’est d’ailleurs elle-même qui presse son voisin et ami grâce à des organisations d’évènements autour du développement durable et de l’innovation en Afrique.

Certains pays africains sensiblement aidés

Autant l’Oréal a décidé de conquérir le continent africain, autant il s’agit de prioriser certains pays. L’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et le Ghana font partie des dernières filiales créées par le Groupe de Jean-Paul Agon. Certains autres pays sont sans doute moins prioritaires. Ce n’est pas un hasard non plus si le Sénégal a pu s’exprimer en grande pompe, avec le tapis rouge déroulé par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris pour vanter sa volonté de voir des capitaux français affluer. Les autres pays africains n’ont pas encore pu réellement s’exprimer, mais il est sûr qu’ils pourront le faire, dans le vœu d’unité africaine voulue par la France.

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