L'anesthésie sous hypnose



Valérie Dumas
Jeudi 26 Juin 2014

Alors que l'acte d'anesthésie est devenu aujourd'hui une pratique très sûre, avec moins d'un décès toutes les 140 000 anesthésies, on entend de plus de plus parler d'anesthésie sous hypnose. Explications.


Pas de risque zéro en anesthésie

Les complications graves survenant à la suite d'une anesthésie générale se raréfient considérablement mais le risque zéro n'existe pas en terme d'anesthésie. Les effets secondaires des produits anesthésiant peuvent notamment provoquer des réactions pouvant s'avérer dangereuses pour le patient. Le rôle de l'anesthésiste reste très important dans l'acte chirurgical, depuis la consultation pré-opératoire, en général trois jours avant l'anesthésie, jusqu'au suivi du patient post-opératoire, en passant bien sûr par l'acte lui même.
 
Depuis quelques années, on assiste à une augmentation des opérations réalisées sous hypnose. En modifiant ainsi la conscience et en étant déconnecté du présent sous pour autant être en état de sommeil, cette technique attire de plus en plus de patients. Couplée à une analgésie faible, l'anesthésie sous hypnose se pratique désormais de manière sécurisée, avec une vérification constante de la fréquence cardiaque et respiratoire comme pour les anesthésies traditionnelles.

Vers la transe hypnotique

Les médecins anesthésistes pratiquent le plus couramment l'hypnose ericksonienne, qui fait appel à un souvenir agréable et rassurant que le patient soumet au médecin. "Ce patient m’avait dit que sa femme cuisine hyper bien, qu’il aimait bien s’asseoir avec ses amis et boire et du coup je me suis un peu focalisée sur ça pour justement attraper l’attention du patient", explique Livia Di Marco, anesthésiste au CHU Saint-Pierre de Bruxelles. Cette phase conduit à ce qu'on appelle la transe hypnotique pendant laquelle le patient va rester durant tout l'acte opératoire et va rester en communication exclusive avec le médecin en charge de l'hypnose.
 
En plus de l'acte d'hypnose, une anesthésie locale est néanmoins toujours nécessaire et peut d'ailleurs être renouvelée en cas de complication. Dans tous les cas, le réveil et les suites de l'opération seront moins lourdes qu'avec une anesthésie générale.
 
En avril dernier, l'opération de la thyroide d'Alama, une chanteuse de 31 ans a été très médiatisée. En effet, réalisée sous anesthésie locale et sous hypnose, la chanteuse a continué à chanter pendant toute l'opération, permettant au chirurgien de contrôler en temps réel que ses cordes vocales n'étaient pas touchées par l'intervention. Alma a récupéré rapidement de l'opération, et sa voix est aujourd'hui aussi claire qu'avant le développement de la tumeur. "C'est loin d'être la première opération de la thyroïde sous hypnose", insiste le Pr Dhonneur chef de l'unité de réanimation de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, "mais c'est peut-être la première au cours de laquelle la patiente a chanté tout au long de l'opération." Une nouvelle opération de ce type, sur une chanteuse, serait à l'étude par son équipe.

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