L’automobile française, la crise et 2012



Cafeine Le Mag
Vendredi 4 Janvier 2013

Baromètre informel de la consommation des ménages, les ventes de voiture ont drastiquement chuté en 2012. On peut tirer plusieurs leçons de cette évolution. Conséquence de la crise, les Français ont été peu nombreux à s’équiper en véhicule neuf. D’autre part, l’offre française accuse un retard certain au niveau qualitatif, ce qui n’est pas sans assombrir ses perspectives économiques à moyen terme. Plus moribonde que jamais, l’industrie automobile française s’apprête donc à aborder 2013 avec un enthousiasme mesuré.


L’automobile française, la crise et 2012
D’après le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), le nombre d’immatriculations de voitures individuelles neuves est passé en dessous du seuil des 1,9 million ; soit une baisse de 13,9 % depuis 2011. Il s’agit d’un chiffre historique puisqu’il marquait le niveau le plus bas enregistré depuis 1997. Derrière ce chiffre se cache l’aveu inquiétant de la diminution des débouchés de l’industrie automobile.

Ces piètres performances de vente sont notamment dues au faible succès des véhicules de moyenne gamme. À quelques exceptions près, l’ensemble des constructeurs positionnés sur ce segment de marché a enregistré des ventes moindres : Renault a chuté de 22,1 %, PSA de 17,5 %, Fiat de 23,7 % General Motors de 18,2 % et Ford de 19,8 %. Les marques qui ont le mieux résisté, telles que Volkswagen, sont au contraire positionnées sur des segments plus abordables. Signe incontestable d’une conjoncture résolument défavorable à la consommation des ménages, le marché de l’occasion a pour sa part explosé en 2012 avec 4,5 millions de véhicules achetés.

Avec seulement 1,899 millions de véhicules vendus en 2012, l’évolution de la répartition des ventes entre les constructeurs est pour ainsi dire la variable clé pour comprendre le bilan de cette année. Or celle-ci donne clairement à voir les difficultés des constructeurs français. En tant de crises, il semblerait en effet que l’offre française n’a pas su convaincre le marché domestique. L’offre asiatique en revanche a su opérer une percée. Les performances de Toyota et de ses filiales, ou encore du Corée Hyundai dont les ventes ont crû de 28 % ont en effet de quoi susciter la jalousie.

Les raisons de ce succès s’expliquent. Toyota se positionne depuis longtemps maintenant sur le segment en croissance des voitures hybrides. Pour sa part, Hyundai pénètre le marché français en proposant des offres ultra-compétitives assorties de facilités de paiement attractives pour les consommateurs. La France ne roule certes pas en voiture asiatique, mais le risque est réel pour les constructeurs français. Car ces derniers ne bénéficient ni d’un réseau mondial aussi dense que celui de Hyundai ou d'un Toyota, ni d’un statut de précurseurs sur les nouveaux segments de marchés.

Qu’il s’agisse de Renault ou de PSA, les deux constructeurs doivent en effet désormais composer avec un contexte économique défavorable ainsi qu’une concurrence étrangère dont les atouts commencent à séduire le marché français. L’automobile française s’apprête à affronter 2013 sur le fil du rasoir. Aussi les seules perspectives optimistes pour les constructeurs nationaux semblent résider dans leur capacité à proposer des automobiles hybrides. Le lancement en 2012 de la Renault Zoé illustre que les constructeurs français ont compris les enjeux, mais le pari de surpasser les leaders asiatiques n’est pas mince.

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