L'investissement du Brésil dans la Coupe du monde est-il rentable ?



Valérie Dumas
Lundi 23 Juin 2014

Les rues des grandes villes brésiliennes sont aujourd'hui remplies de fans et d’athlètes des 32 pays en compétition. Mais, une fois la Coupe remise au vainqueur, le Brésil va-t-il être gagnant sur le long terme ?


Pas de places vides

Les rues brésiliennes sont joliment décorées et un air de fête traverse tout le Brésil, à l'image de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde. La FIFA a indiqué que la presque totalité des 3 millions de billets a été vendue et les stades ne montrent pas de places vides, à la différence de ce qui s'était passé aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. Pour autant, la Coupe du monde va-t-elle améliorer l'image du Brésil et augmenter le tourisme, ce qui est un des enjeux majeurs dans ce type d'événement ? Pas sûr, compte tenu de la médiatisation des manifestations et des grèves qui ont entaché l'image des grandes villes, bloquant par exemple les transports en commun. Le sentiment de sécurité, tant pour les touristes que pour les investisseurs va sans doute en souffrir.

Un budget colossal

Par ailleurs, le Brésil aurait dépensé entre 11 et 14 milliards de dollars pour préparer cette Coupe du monde. La plus grande partie de ce budget a été alloué à la construction ou à la rénovation des stades et au développement des infrastructures d'accueil dans les 12 villes accueillant l'événement. Au regard de cet investissement colossal, les espoirs de la population sont énormes en terme d'amélioration des transports et des infrastructures sportives notamment. Ce type d'opérations a d'ailleurs particulièrement réussi à Barcelone en 1992 où les Jeux Olympiques ont complètement rajeuni la ville. Au Brésil, personne ne peut présager d'un tel bénéfice, surtout à la lumière des conditions de travail des Brésiliens, dont 8 ont perdu la vie sur les chantiers.
 
Enfin, la spécificité de la Coupe du monde où les matchs sont organisés dans plusieurs villes du pays en fait une opportunité de redistribution des fonds investis, contrairement à ce qui se passe lors des Jeux Olympiques. Typiquement, cela devrait permettre aux jeunes d'accéder aux équipements sportifs et à se former au foot, un sport adulé au Brésil. Malheureusement, trop de stades ont été construit loin des villes et leur fréquentation, après l'événement laisse sceptique. Sans compter les budgets de maintenance de ces grosses structures et la menace de voir des stades quasiment vides lors des rencontres, à l'instar de ce qui s'est passé en Grèce après les Jeux Olympiques.
 
Finalement, plusieurs signaux donnent à penser que le Brésil a laissé passer une opportunité d'améliorer la vie de ses habitants grâce à l'organisation de la Coupe du monde. Espérons qu'elle leur laissera au moins de bons souvenirs.

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