La chimie verte n'est-elle qu'un rêve de scientifique ?



La Rédaction
Lundi 8 Juillet 2013

La chimie verte mise sur la conception de produits moins toxiques et moins dangereux pour l'homme et l'environnement. Les avis sont partagés, car ce secteur qui revendique sa révolution scientifique est aujourd'hui pointé du doigt par de nombreuses critiques. Pourquoi ?


La chimie verte n'est-elle qu'un rêve de scientifique ?

La chimie verte : un secteur anachronique

Contrairement à la chimie classique, la chimie verte substitue le pétrole utilisé par de la biomasse. Cette pratique impose donc une plus grande exploitation des plantes et induit une agriculture encore plus intensive. Or, l'agriculture est avant tout destinée à l'alimentation des hommes. Ainsi, le développement de la chimie verte exerce une pression supplémentaire sur les ressources, les sols et l'environnement. Car outre sa destination alimentaire, l'agriculture doit également répondre aux besoins de la chimie. Les résultats des études entreprises dans ce même cadre accusent la chimie verte d'accroître le gaspillage en eau et en énergie. Les « nouvelles » technologies pratiquées, notamment celles qui consistent à convertir la biomasse en molécules de carbone, en utilisent une plus grande quantité. La chimie verte demeure également dépendante de la chimie traditionnelle, car après la transformation des molécules de carbone, les scientifiques ont encore recours aux pratiques de la chimie classique pour l'élaboration des produits finaux. Les résultats des études encore plus approfondies tablent par ailleurs sur des matières végétales encore plus difficiles à transformer que celles issues du pétrole brut. Les différentes étapes de la transformation engendrent autant de déchets que l'utilisation des substrats pétroliers. L'ambiguïté de la chimie verte est telle qu'elle demeure aussi polluante que la pétrochimie.

La chimie verte présente néanmoins des aspects révolutionnaires

Les stratégies de la chimie végétale se suivent, mais ne se ressemblent pas. Les laboratoires recherchent aujourd'hui d'autres voies pour limiter les conséquences des réactions chimiques sur l'homme et l'environnement. La photochimie est notamment le nouveau procédé sur lequel les scientifiques se penchent davantage. Elle contribue entre autres à obtenir des réactions chimiques par l'effet de la lumière infrarouge ou ultraviolette. Afin de conserver la matière végétale et éviter de recourir à l'agriculture intensive, la chimie verte s'efforce également d'utiliser toutes les composantes d'une plante (y compris les feuilles et la tige) pour produire des matériaux biodégradables. À l'instar de l'industriel Vegeplast, entreprise spécialisée dans la fabrication de plastiques biodégradables, de plus en plus de firmes axées sur la chimie verte envisagent de procéder à cette stratégie beaucoup moins polluante. Dans ce même contexte, une nouvelle approche est aujourd'hui présentée par les chercheurs, celle de recycler le gaz carbonique pour obtenir des molécules nécessaires à la fabrication de textiles, de médicaments et de matériels pour le bricolage. Ce défi consiste donc à incorporer des molécules de CO₂ à des matériaux sans valeur énergétique en lui fournissant simultanément de l'énergie. Les molécules produites disposent des mêmes caractéristiques que celles issues de la pétrochimie. Les formamides traditionnellement issus de la chimie classique servent par exemple à la production de colles, de certaines composantes du textile ou de peintures. Les méthodes de production répondent entièrement aux exigences de la chimie végétale, car elles limitent le rejet de déchets et n'utilisent pas de solvant.

Les principes de la chimie verte sont-ils tous respectés ?

Le gouvernement américain énumère douze principes de la chimie verte que les industriels se doivent de respecter pour réduire, voire éliminer les impacts des méthodes utilisées sur l'homme et l'environnement. La chimie végétale doit en premier lieu prévenir la pollution dès la source pour ainsi éviter le rejet de déchets. Elle doit également contribuer à réaliser des économies d'atomes et fonctionner à moindre coût. Les produits de synthèse doivent faire l'objet de doux procédés pour amoindrir le rejet de produits toxiques par rapport à la pétrochimie. Des études toxicologiques sur l'organisme humain doivent être effectuées au préalable. Les scientifiques doivent également chercher des alternatives aux solvants polluants et aux produits de synthèse. Le stockage de l'énergie produite sera effectué dans de nouveaux matériaux de stockage à très faible teneur en CO₂. Les produits fossiles doivent être remplacés par des ressources biodégradables. Pour minimiser l'utilisation des auxiliaires, la chimie verte doit réduire le nombre de produits dérivés. Les réactifs utilisés doivent de préférence provenir de l'utilisation des produits catalytiques. La dégradation finale des produits doit faire l'objet d'une étude minutieuse pour minimiser leur incidence sur l'environnement. Le contrôle des réactions chimiques doit être effectué de la façon la plus minutieuse qui soit pour prévenir la pollution en temps réel. Malgré la précision et la cohérence de ses douze principes, rares sont les industries vertes qui les respectent, du moins en totalité. Elles ne retiennent que quelques critères sur toute la chaîne de production.

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