La pratique du "fini-parti" en question



Mardi 29 Avril 2014

La cour administrative d'appel de Marseille a annulé le 25 avril un règlement intérieur de la communauté urbaine de Marseille (MPM) qui autorise les éboueurs de la ville à pratiquer le "fini-parti". Cet usage était critiqué depuis de nombreuses années et pas seulement à Marseille.


La pratique du "fini-parti" consiste, dans certaines collectivités, à autoriser les agents de collecte des déchets à quitter leur travail une fois la tournée terminée sans avoir nécessairement effectué les heures qui leur sont payées.

Marseille, mais aussi Lyon et Bordeaux

Le débat qui agite la communauté urbaine de Marseille n'est pas d'aujourd'hui et il agite également de grandes agglomérations comme Lyon ou Bordeaux. A Bordeaux, Alain Juppé s'est encore plaint fin 2013 du mauvais service de ramassage des ordures rendu par la communauté urbaine. Avec en plus le problème du nettoyage de la voirie qui, lui, est assuré par les agents municipaux, provoquant des incohérences entre les tâches des éboueurs et des agents balayeurs. Ainsi, le "fini-parti" sera sans nul doute réexaminé à Bordeaux aussi en 2014 par le nouveau directeur de la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux).

Des solutions de sortie au "fini-parti"

Pour en finir avec cette pratique, l'agglo Perpignan Méditerranée a de son côté signé un accord en 2012 avec ses agents dans lequel a été mis en avant le problème de sécurité que pose le "fini-parti", repris par la Caisse d'assurance maladie qui indique clairement que "Plus on va vite, plus il y a un risque de se blesser".
 
Malheureusement, le système est pervers car, en laissant un peu de temps libre aux éboueurs, il leur permet d'assurer un autre travail dans la journée, celui-ci n'étant du coup pas toujours déclaré.
 
Le Monde relate, dans un article du 25 avril, une expérience d'utilisation d'un système de géolocalisation compatible avec le principe du "fini-parti" dans plusieurs communes du Jura. Les camions sont géolocalisés en temps réel, permettant de savoir à quel moment les éboueurs terminent leur service. Selon les responsables du service, le côté intrusif a finalement été accepté car « Cela les amène à assurer leur tournée sans courir ».
 
La gestion du ramassage des ordures est un problème récurrent dans de nombreuses villes françaises. Il ne se passe pas une semaine sans qu'une grève d'éboueurs n'agite une agglomération. Et ce n'est pas l'arrivée des robots-poubelles, actuellement en test dans plusieurs villes françaises qui parviendront à apaiser le débat.
La pratique du "fini-parti" en question

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