La révolution de la manifestation numérique va-t-elle se substituer aux grands rassemblements physiques ?



Lundi 30 Décembre 2013

Dernièrement, la hausse de la TVA pour les professionnels de l’équitation a fait grincer des dents. L’ « équi-taxe » a soulevé des milliers de protestations sur les réseaux sociaux. Et curieusement, juste une manifestation bien physique et assez peu médiatisée a été organisée. L’influence de ce cyber soulèvement est-il l’exemple d’une nouvelle forme de manifestation ? Est-il nécessaire de descendre dans la rue ?


La révolution de la manifestation numérique va-t-elle se substituer aux grands rassemblements physiques ?
Twitté, c’est gagné !

Même au plus haut niveau de l’Etat, la communication pour exprimer des rumeurs et des contestations peut faire chavirer un paquebot France… Il suffit de se rappeler du petit message de quelques mots qu’a envoyé la compagne du Président de la République Valérie Trierweiler le 12 juin 2012. Le message a déchaîné la foule. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Bien évidemment, pas de manifestation, mais des conséquences énormes qui ont sans aucun doute influencé un résultat politique, bien plus qu’une manifestation pour un rassemblement pour soutenir ou décrier telle ou telle personne. La cyber-conséquence était si forte que Mme Trieweiler a indiqué a posteriori qu’elle « s’est enfermée pendant plus d’une semaine de peur d’être lynchée ».

Autre élément qui indiquerait bien la contestation par le numérique plus forte que la manifestation ou le rassemblement avec l’exemple de la tuerie d’un voleur par le bijoutier niçois. Ce bijoutier qui s’est vu attaquer a dégainé son arme derrière le comptoir tiré sur le voleur, qui succombera. Le bijoutier incarcéré tel un criminel avant même d’être jugé aura reçu en à peine cinq jours plus d’un million de soutiens sur le réseau social Facebook. Quelques jours plus tard, une manifestation dans les rues de Nice pour défendre la cause de ce malheureux bijoutier qui a tué, n’aura réuni qu’à peine un millier de personnes.

L’ « homo numericus » et la violence

Il s’agit avant tout d’un phénomène sociétal nouveau où la diffusion virale en quelques clics peut atteindre en un minimum de temps une population souvent inaccessible, puisque n’étant pas identifiée par l’émetteur. Au même titre qu’une manifestation, un collectif sur réseau social va accepter, donner son point de vue, contester une cause, un propos, toujours avec un affect majoritairement présent.

Les « facebookeries » ou « tweetomanies », à savoir de la publicité virale fabriquée sciemment peut aujourd’hui évoluer vers des messages à caractère social ou politique. Il suffit de filtrer une population qui correspond aux « affinités » d’un message à poster pour le faire réagir.
La difficulté reste l’intensité de la perception du message par le récepteur. La conséquence peut en être si forte qu’elle peut conduire pour certains à des tentatives de suicide par exemple, lorsqu’une personne visée est diminuée, salie,…
Et justement, lors d’une manifestation, les débordements sont dans la plupart des cas contenus, identifiés et traités. Rares sont les morts dans une manifestation physique. Le problème de la manifestation numérique reste de ce point de vue aveugle. Les conséquences ne sont pas maîtrisées et une fois un billet envoyé pour prendre parti ou défendre une cause, trop peu de moyens peuvent agir pour maîtriser des dérapages.

La manifestation numérique doit encore acquérir ses lettres de noblesse avant de révolutionner le paysage de « la manif » selon le sociologue Emile Durkheim, qui doit rester « constructive et positive ».

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