La robotique menace-t-elle la création d'emploi ?



La Rédaction
Mercredi 28 Août 2013

Intimement liée à des questions d'acceptabilité sociale, la robotique est un secteur en pleine effervescence au vingt-et-unième siècle. Depuis quelques années, ce segment de la logistique entre en confrontation avec le monde de l'emploi. Doit-on freiner l'utilisation des robots dans les domaines professionnels, privés et dans les espaces publics ?


Photo : Phasmatisnox
Photo : Phasmatisnox

Les enjeux de la robotique humanoïde

Le développement de la robotique engendre diverses questions d'éthique relevées aujourd’hui par de nombreux experts. Dans cette optique, le cabinet Erdyn a publié près de 200 pages d'analyses portées sur l'avenir des robots prenant une place de plus en plus grandissante dans le quotidien des hommes. Il ne s'agit bien évidemment pas des gadgets « classiques » utilisés depuis les années 80 comme les aspirateurs ou les tondeuses électriques, mais des robots de surveillance, des assistants télécommandés, bref des machines appelées « robots de service » dans le jargon du high-tech. À l'horizon 2015, le secteur pourrait représenter une valeur globale de 8 milliards de dollars sur le marché mondial de la haute technologie tant la vitesse à laquelle il se développe est accélérée. En France comme ailleurs, la robotique est porteuse d'avenir pour les grands industriels. Cependant, le rapport publié par Erdyn pointe du doigt une certaine immaturité commerciale de la part des entreprises françaises. Dans le pays, les sociétés axées sur la robotique - et essentiellement sur la robotique humanoïde - sont relativement jeunes et ne parviennent pas à s'imposer sur le marché face aux mastodontes internationaux. Les grands groupes français estiment quant à eux que la robotique n'est pas une affaire d'actualité. La conjoncture économique ne leur permettrait pas de couvrir les dépenses et le coût de la fabrication de ces machines. Bien que les logiciels utilisés pour la production des robots humanoïdes soient des plus performants et de surcroît bien maîtrisés, les professionnels demeurent dans l'incapacité de produire des robots industriellement.

Quels facteurs sociétaux et économiques remettent en cause l'acceptabilité de la robotique ?

Le manque de personnel qualifié capable d'effectuer des tâches courantes pourrait favoriser l'essor de la robotique humanoïde. Mais les alternatives sont telles que les entreprises préfèrent changer de stratégies plutôt que d'acquérir des robots, dont le coût est beaucoup trop élevé par rapport aux salaires fixes des employés. Ainsi dans une moindre mesure, les sociétés compensent leur manque à gagner en augmentant par exemple le niveau d'emploi des femmes et en déléguant certaines tâches ménagères aux hommes, des stratégies insolites, mais qui portent leurs fruits. Dans la majorité des cas, les robots humanoïdes ne sont pas acceptés par les personnes pour des raisons affectives. Ces robots humanoïdes dénigrés sont notamment ceux utilisés dans le domaine des soins corporels ou des cures thérapeutiques, comme le robot masseur Paro japonais. Dans le domaine de la restauration, le robot humanoïde Hoap-3 proposé par Memntum Machines à San Francisco pour remplacer un chef cuisinier suscite la polémique. Les concepteurs, conscients de ce problème majeur essaient tant bien que mal de concevoir des robots avec des caractéristiques encore plus proches de l'être humain. Mais la réaction des robots demeure imprévisible. Dans le contexte de l'emploi proprement dit, les robots ont du mal à se faire accepter par le personnel. Cette situation perdure depuis les années 80, lorsque la Régie autonome des transports parisiens a acheté une vingtaine de machines pour la réalisation de diverses tâches ménagères. Le projet a été arrêté quelques mois plus tard à cause de nombreuses difficultés d'acceptation du personnel.

Les facteurs juridiques remettent en cause l'acceptabilité de la robotique

La robotique pose également des difficultés d'acceptabilité sur le plan juridique. La conception de voitures automatisées a par exemple fait grand bruit auprès des autorités. Elles remettent notamment en cause les questions de responsabilité civile et pénale dans la mesure où en cas de problème ou d'accident, les autorités ne sauraient à qui incombe la responsabilité. Mis à part le secteur de l'automobile, les facteurs juridiques qui remettent en cause l'acceptabilité de la robotique concernent également le domaine des robots dédiés aux tâches de sécurité incluant les gardes pénitentiaires, les vigiles automatisés, ou encore les petits avions télécommandés chargés de la protection des frontières. Autant de robots conçus selon les mêmes procédés qu'une caméra de surveillance. La réglementation n'est donc pas prête à accepter les robots pour une intervention physique, un recours primordial pour éviter les infractions quelles qu'elles soient. Les robots, même ceux capables de reproduire les gestes humains ne menacent pas la création de l'emploi. Jusqu'alors, ils représentent essentiellement des outils pour améliorer le quotidien et non pour détruire les emplois.

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