Le Vénézuéla invente la taxe sur... l'air



Jean-Baptiste Giraud
Mercredi 16 Juillet 2014

C'est très sérieux : A Caracas, les autorités de l'aéroport Simon Bolivar n'ont pas trouvé mieux pour justifier la nouvelle taxe qui pèse depuis le 1er juillet sur les billets des passagers. Une taxe non sur l'air, mais sur le système de climatisation de l'aéroport. Belle nuance.


Le Vénézuéla invente la taxe sur... l'air
L'histoire pourrait faire sourire s'il s'agissait de quelques centimes, mais la taxe en question représente tout de même 187 bolívars, la monnaie locale, soit une quinzaine d'euros, quand le salaire local moyen est de 300 euros ! Les autorités aéroportuaires justifient cette taxe par l'installation d'un nouveau système de ventilation et de climatisation, dépolluant, nécessitant l'emploi d'ozone, et donc, couteux. 

Mais il y a peut-être une autre histoire masquée derrière cette taxe improbable : Avec le contrôle des changes instauré dans le pays, les entreprises étrangères ont un mal fou à rapatrier leur chiffre d'affaires libellé en bolívars. Le taux de change officiel (1 euro pour 6,5 bolívars) est en effet près de 50 % moins favorable que le taux de change officieux, celui qui reflète le véritable état de santé économique du pays. Au marché noir, un euro s'échange contre 10 à 12 bolívars... 

Cette taxe pourrait en fait servir à réduire les taxes aéroportuaires réclamées aux compagnies aériennes étrangères, pour rendre la destination financièrement plus attractive. Il faut dire que plusieurs compagnies internationales ont annoncé leur intention de suspendre tout ou partie de leurs vols à compter de la rentrée.

Notez




News les plus populaires