Le business des armes se porte plutôt bien



Cafeine Le Mag
Jeudi 22 Novembre 2012

Certaines activités ont été épargnées par la crise, notamment celle du business des armes, qui lui, était florissant au plus fort de la crise. Au beau milieu des présidentielles, l'observatoire des armements s’est interrogé : pourquoi les dirigeants n'abordent pas la question du transfert d'armes ?


Le business des armes se porte plutôt bien

La France exporte bien ses armes

La France, quatrième exportateur mondial d'armes a vu ses exportations d’armes augmenter de 12 % sur la période 2007-2011, soit davantage qu’avant la crise mondiale. Et les contrats en cours de conclusion, notamment ceux avec l'Inde, portant sur le Rafale, et ceux portant sur des bâtiments de projection avec la Russie, devraient encore doper les exportations en 2012. Avec un chiffre d'affaires de 15 milliards d'euros, et les quelque 20 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects générés par l'industrie de l'armement française, on comprend mieux la souplesse des politiques à l'égard de cette industrie. En outre, pas moins de 10 % des exportations françaises sont réalisées vers la Grèce, et de ce point de vue, l'on ne peut que mieux comprendre l'intérêt de la France à ne pas voir la Grèce courir à la faillite. Ainsi, les experts estiment que la France n’accorde d’attention qu’au côté financier du marché des armes. Un marché lucratif, mais animé par les conflits.

Les conflits dynamisent le marché

Qu’il s’agisse des armes ou des munitions, les exportations ont augmenté en parallèle aux divers conflits de ces dernières années. Force est de constater qu’il n’y a aucune volonté politique de contrôler les flux et d'aider les pays clients à contrôler leurs stocks, ainsi que leur répartition dans leurs unités. Pourtant, c'est de ce manque de contrôle que tirent profit les transferts d’armes illicites. De perte, en vol, en passant par une mauvaise gestion des ressources militaires, les pays demandeurs continuent d'acheter massivement des armes pour combler leur fuite d’armement. Et les armes ne sont pas le seul problème, il ne faut pas oublier les munitions. Certains pays comme la Lybie, où les opposants ont récupéré les stocks de l'ancienne armée de Kadhafi, ne manquent pas d'armes, mais le trafic de munitions leur a permis de mener des affrontements sanglants. Et la France, en tant que quatrième exportateur d'armes se doit de prendre en considération son impact indirect dans ces conflits, et ce, dans la mesure où les armes et munitions qu'elle vend entrent dans un circuit qui n'est pas fermé.

La France et son rapport avec les armes

Si l'observatoire des armements s’agace du silence de la France sur les questions d'armement, c'est parce que les intérêts économiques semblent passer avant la sécurité mondiale. La circulation des armes à travers le monde a beaucoup augmenté ces dernières années, et ce, que ce soit sur le marché légal ou illégal. Ainsi, la France qui représente 8 % des exportations mondiales sur le marché des armes et qui est consciente des fuites vers les marchés illégaux se doit de prendre des responsabilités humaines. Il est ici question du contrôle des flux d'armes, car ce sont les fuites du circuit légal qui approvisionnent les trafiquants. En effet, en parallèle à la hausse des exportations, la disponibilité en arme légère sur les marchés illégaux a augmenté. Il n'est pas difficile de faire le rapprochement entre la responsabilité de la France concernant son industrie d'armement, et la hausse de l'insécurité induite par les volumes d'armes illégales disponibles. L'observatoire des armements appelle donc à une responsabilisation de l’État.

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