Le couteau suisse génétique



Jeudi 24 Mars 2016

Le Crispr, le couteau suisse génétique a révolutionné la biologie et la recherche médicale. Logiquement, il est couvert de prix et de récompenses.


« Couper-coller » ou « couteau suisse » génétiques. Des expressions plus simples que l’acronyme d’origine Crispr-Cas9. Dans tous les cas, ce Crispr, ou couteau suisse génétique, a révolutionné la biologie et la recherche médicale. On doit cette innovation à la microbiologiste française Emmanuelle Charpentier qui l’a mise au point avec la biologiste américaine Jennifer Doudna.
 
Depuis, les deux chercheuses n’en finissent pas d’être récompensées pour cette technologie novatrice. Dernière récompense en date : hier, Emmanuelle Charpentier a reçu l'un des prix L'Oréal-Unesco 2016 Pour les femmes et la science. Le Prix L’Oréal-Unesco est le 35ème venant saluer « une technologie ayant révolutionné l’édition génomique », précise Le Figaro.
 
Au-delà de ces prix et récompenses, le Crispr est un outil « calqué sur le système de défense de certaines bactéries contre des attaques virales, il permet d'inhiber, modifier ou remplacer un ou plusieurs gènes directement dans une cellule ou un organisme, avec une précision et une rapidité inégalées. » Par ailleurs, cette technologie marche sur « tout le vivant - bactéries, plantes, animaux, humains. »
 
Dans les faits, « là où il fallait avant recroiser une somme importante d'informations génomiques tirées de nombreux patients pour isoler le rôle d'un gène dans une pathologie, Crispr-Cas9 offre un précieux bouton on/off pour l'étudier. » Depuis la parution de l’article d’Emmanuelle Charpentier et de Jennifer Doudna en 2012 dans la revue Nature, des chercheurs du monde entier ont appliqué cette technologie révolutionnaire dans différents domaines.
 
La thérapie génique reste un des objectifs à atteindre. Difficile certes. Mais pour l’heure, explique Alain Fischer, le directeur de l’Institut des maladies génétiques Imagine, « Crispr a rendu possible des choses qu'on ne pouvait tout simplement pas faire avant. » En attendant le miracle, les deux découvreuses pourraient bien recevoir un Prix Nobel, ultime consécration.
 

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