Le crowdfunding : un accélérateur qui freine ?



Jeudi 20 Février 2014

Le financement participatif dénommé « crowdfunding », change la donne des banquiers. Cette forme de levée de fonds sera extrêmement morcelée sur des financements importants. Est-ce compatible ?


Le crowdfunding : un accélérateur qui freine ?
Les nouveaux atouts du crowdfunding

Le financement participatif a pour vocation d’impliquer les personnes, souvent des particuliers désireux de financer une cause ou un projet. Ce financement est assimilé à l’économie collaborative. Il s’agit d’une économie responsable où les acteurs sont complètement informés sur ce qu’ils consomment et placent (s’il s’agit d’argent).

Ce mode de financement solidaire a été baptisé « peer to peer » et est à l’origine du financement participatif pour les entreprises compte-tenu du succès croissant entre les particuliers. Depuis le 14 février, Fleur Pellerin, la ministre de l’économie Numérique a annoncé le 14 février, en ce jour de Saint Valentin, des dispositions qui devraient courtiser les PME et les particuliers.

Les entreprise pourront lever par crowdfunding jusqu’à un million d’euros. Il s’agit donc d’une aubaine pour financer sa croissance de manière solidaire et vraiment responsable.

Plus besoin de passer obligatoirement par un banquier pour mettre en marche un plan de financement. Les intermédiaires du crowdfunding, comme smartangels.fr devront tout de même informer sur les risques encourus à la fois par les entreprises mais aussi par les particuliers.

Des boosters un peu trop verrouillés

Jusqu’à présent, le financement participatif permet de financier en partie de petits projets. Ainsi, la souscription moyenne chez KKBB (Kiss Kiss Bank Bank) flirte avec les 50 €, pour un financement de 2000€ par projet.

Avec le nouveau dispositif voulu par Fleur Pellerin, les particuliers seront plafonnés à 1000€ par projet. C’est sans doute plus important que la mise moyenne actuelle, mais avec des montants de financement de l’ordre du million, le nombre de donateurs ou de prêteurs devient bien difficile à gérer.

Et pourtant, OLMA, la petite entreprise de Philippe der Megreditchian est capable de vendre des usines, des entreprises en confettis, pour des montants beaucoup plus importants. Le Domaine Chanzy, un prestigieux vignoble de Bourgogne au nord de Beaune a pu retrouver une nouvelle vie. Sans ce moyen de financement, la faillite de l’entreprise était inévitable. Avec les nouvelles dispositions, ces opérations d’une autre ampleur auront plus de difficulté à soutenir le tissu entrepreneurial. On est loin d’un don moyen inférieur à 1000€. Ce type de financement pourra donc devenir un nouveau segment à penser pour Mme Pellerin.

Par ailleurs, UFC-Que choisir, a ouvertement alerté les particuliers. Les entreprises qui convergent vers le crowdfunding auraient obtenu des refus des banques dans leur opération de financement. De ce fait, le risque de faillite semble plus important.

Quelles perspectives ?

Le crowdfunding casse aujourd’hui le monopole des banques. Il ne s’agit pas en priorité d’une solution backup pour une entreprise. KKBB et OLMA sont par exemple garant des opérations, et mesurent le risque de manière très précise pour les mécènes et prêteurs particuliers.

La traçabilité des fonds est une exigence et revêt une nouvelle complexité dans le crowdfunding avec cette nouvelle donne.
Le groupe LinkedIn « Finance+ », fondé par Philippe Der Megreditchian s’avère être l’un des dix groupes mondiaux les plus actifs de ce réseau social spécialisé. L’intérêt de ces solutions est ainsi démontré. Le site informe de manière précise sur les avantages d’une solution qu’elle soit classique ou alternative.

Chacune des parties prenantes doit être rassurée. Des spécialistes crédibles qui feront les intermédiaires devront tout de même proposer des garde-fous en absence de décret. Les montants des particuliers par prêt pourront augmenter et le morcellement des fonds sera limité.

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