Le prix Pinocchio dénonce le greenwashing des entreprises



Cafeine Le Mag
Vendredi 30 Novembre 2012

Le développement durable est aujourd'hui au cœur des stratégies d'entreprise, mais l'engouement de ces dernières n'est parfois que poudre aux yeux. En effet, certaines affichent un engagement éthique des plus vertueux, mais lorsqu'on y regarde de plus près, il s'avère que leurs pratiques sont loin d'être éthiques. Ce genre de manœuvres est appelé « greenwashing », et pour dénoncer les tricheurs, le concours Pinocchio leur attribue des prix.


Pinocchio par Enrico Mazzanti (1883)
Pinocchio par Enrico Mazzanti (1883)

Lorsque la RSE n’est qu’un prétexte

S'engager dans une politique de développement durable, signifie être engagé en RSE pour une entreprise. Et l'on sait à quel point une entreprise engagée en RSE donne une bonne image vis-à-vis de sa clientèle et de ses collaborateurs. Ainsi, la responsabilité sociétale d'entreprise est aujourd'hui devenue un outil marketing qu’un grand nombre d’entreprises utilisent sans se charger des contraintes qu’elle exige. En effet, le fait d'avoir un comportement éthique est bon pour les affaires, mais cela nécessite de faire des efforts importants que peu d'entreprises sont disposées à fournir. Ainsi, les multinationales en meneuses de politiques RSE se sont spécialisées dans la mise en forme de leur éthique, laissant de côté les actions concrètes. Elles profitent donc d'un concept mal cadré, et qui reste très flou. Et c'est pour dénoncer ces pratiques dites de « greenwashing » que le centre de recherche et d'information, Les Amis de la Terre, ainsi que le CRID ont lancé le prix Pinocchio.

Les Amis de la Terre dénoncent le greenwashing

Les entreprises coupables de greenwashing ont depuis quatre ans de farouches ennemis : Les Amis de la Terre. Ces derniers, offusqués de voir les entreprises profiter des retombées de leur communication « Verte », leur décernent des prix à l'occasion d'un événement annuel intitulé : le prix Pinocchio. C'est là une manière originale de militer pour que les entreprises engagées en RSE soient mieux entourées par la loi. L'encadrement juridique reste en effet très flou, et relève plus de la bonne volonté de chacun que d'une contrainte. À cet effet, l'obligation d'un rapport RSE devrait déjà améliorer la situation. Selon la déléguée générale du CRID, Nathalie Péré-Marzano, il est grand temps que les ressources naturelles cessent d'être surexploitées ainsi que la main-d'œuvre des pays du tiers monde, et que la dérégulation des économies prenne fin. Le prix Pinocchio avec sa portée symbolique y contribue à sa façon, mais il faudrait une prise en main par les pouvoirs publics.

Le prix Pinocchio de 2011

Le dernier événement en date, des Amis de la Terre et du CRID, s'est tenu en 2011. Une occasion de mettre à jour les cinglantes différences entre les discours et les comportements des entreprises. Il faut savoir que les enquêtes sont menées discrètement par des associations auprès des greenwhasher. Ainsi, sur le terrain, ces dernières récoltent des informations pour le moins choquantes, et ont à chaque édition du prix Pinocchio dévoilé des abus que les entreprises ne peuvent nier. En 2011, Véolia Eau, l'Observatoire du Hors-Média et Vinci ont été « récompensés » du prix Pinocchio. Ces dernières ont mené des campagnes de communications mensongères. Et pour appuyer le cynisme de leur récompense, c'est dans la catégorie « Plus vert que vert » qu'elles ont reçu leur prix. Viennent ensuite les « Mains sales, poches pleines », avec la Société Générale, Toreador et Perenco. Puis les « Une pour tous, tous pour moi ! », avec entre autres : le groupe Bolloré, Tereos, Sime Darby et bien d'autres. En le 13 novembre 2012, le prix Pinocchio sera à nouveau décerné à quelques lauréats pris sur le vif. De quoi continuer à faire à nouveau grincer des dents une année durant.

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