Le quantified self au service des assurances



Valérie Dumas
Jeudi 12 Juin 2014

En proposant à un panel de 1 000 nouveaux clients de sa complémentaire santé Modulango de s'équiper du podomètre connecté "Pulse", Axa franchit une nouvelle étape dans la collecte de données personnelles pour influer sur les prestations d'assurance.


Pulse est un podomètre créé par la société Withings qui mesure plusieurs variables telles que le nombre de pas effectués par jour ou le rythme cardiaque. Si les clients équipés de l'objet connecté réalisent une moyenne de 7 000 pas par jour, l'assureur leur offrira une chèque "médecine douce" d'une valeur de 50 euros, voir 2 chèques sui les 10 000 pas quotidiens sont dépassés.

Mesurer précisément les risques

C'est pour diminuer le risque de devoir rembourser des maladies très coûteuses qu'Axa souhaite inciter fortement ses assurés à faire de l'exercice physique quotidiennement : "Grâce à la pratique d’une activité physique, vous diminuez de 16 à 39 % le risque de développer un cancer du sein, de 25 % le risque d’être victime d’une attaque cérébrale, de 34 % le risque de diabète" explique l'assureur sur son site.
 
Mais cette pratique n'est pas sans poser question sur l'avenir de l'ensemble des contrats d'assurance, et notamment des assurances santé. De nombreux experts craignent légitimement que les assureurs n'exigent bientôt de leurs assurés de leur communiquer, grâce à des objets connectés, de plus en plus de données sur leur vie privée. Ainsi, on pourrait imaginer devoir communiquer son mode alimentaire, son mode de vie ou tout simplement son rythme de vie (nombre d'heures de sommeil par exemple). On passerait ainsi des actions de prévention à de véritables impératifs pour accéder à l'assurance à un tarif non prohibitif. Mesures inéquitables s'il en est...

L'analyse de données rapporte

Le big data est un secteur en plein explosion et qui rapporte. Les assureurs le savent. Depuis quelques années, une utilisation toujours croissante de l'analyse de données, que ce soit la médecine prédictive ou le calcul d'algorithmes leur a permis de réduire leurs risques et donc d'augmenter considérablement leurs profits.
 
Aujourd'hui, l'émergence de la connexion directe entre un assuré et sa compagnie d'assurance pose question à la CNIL qui y voit très justement un danger pour la protection de la vie privée.

Les Etats-Unis précurseurs

Aux Etats-Unis, quantité d'Américains ont déjà fait ce type d'expérience et parfois de manière contrainte par l'intermédiaire de leur entreprise. Ainsi, à la demande d'une compagnie d'assurance, la société pétrolière BP a équipé ses salariés de bracelets connectés FitBit, lesquels leur permettent in fine de réduire le tarif de leur mutuelle.
 
 
 

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