Le robot qui se dépanne



Jeudi 28 Mai 2015

Le premier robot qui s’adapte aux pannes en deux minutes a vu le jour.


Le robot qui se dépanne
La robotique, c’est un peu l’infini des possibles ! L’avenir de l’homme au moins ! Les humanoïdes sont presque parfaits. Dans les hôpitaux, l’espace, les usines ou les salles de marché, rappelle Le Monde, ils assurent, sans peur et sans reproche. Ils calculent, prennent des décisions, sont à l’aise avec la pression ou des températures qui font le grand écart. Pas fatigués, pas syndiqués, le rêve ? Non, parce que le robot, s’il ne peut pas faire de burn-out, peut néanmoins tomber en panne. Et là ? Alors tout le monde est chocolat.
 
Comme exemple, Le Monde cite, entre autres, la panne qui a touché deux robots qui assistaient des ingénieurs dans la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. Plantés, les ingénieurs dans l’enceinte de confinement. Ce qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, n’apparaît pas comme une situation idéale. Pour contrecarrer ces pannes qui peuvent se révéler catastrophiques dans certains contextes, Fukushima en représente un, des chercheurs français ont peut-être trouvé la solution.
 
Ils viennent de concevoir un robot marcheur équipé de six pattes. Et présentent leurs travaux dans la revue Nature. Leur androïde peut répondre à une panne en un temps record : deux minutes sont avancées. Il peut par ailleurs continuer à avancer avec une patte en moins, voire deux. Sa particularité ? Il n’analyse pas la panne. Il ne tire pas de plans sur la comète. Il n’établit pas de diagnostique ni ne répare. Il « s’adapte. » Même, il « s’adapte comme un animal » titre Nature.
 
Cette prouesse technologique, qui n’a pas de nom, est l’œuvre, entre autres, d’Antoine Cully. Âgé de 26 ans, il est chercheur à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique de l’université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris. Ses travaux viennent donc d’être consacrés dans Nature. Son robot à six pattes ressemble à une araignée. Il est capable de continuer sa route avec une patte en moins, même si sa démarche n’a rien de fluide. « Il fait comme un chien blessé, il puise dans son expérience et utilise son intuition », explique Antoine Cully au Monde. Ça casse ? Pas de réparation, juste une adaptation.

Pour ce faire, les scientifiques ont mis au point un algorithme. Ce dernier permet au robot de marcher de plusieurs façons et d’appréhender différentes combinaisons de mouvements. Au total, plus de mille possibilités s'offrent à lui. Elles permettent 13 000 situations distinctes. Comme une bande passante, elles seront proposées au robot dans le cas d’une panne. Il pourra alors mener plusieurs tests afin de trouver la bonne parade et éliminer les solutions bancales : « Au lieu de chercher une aiguille dans une botte de foin, l’ordinateur a rassemblé les aiguilles dans une boîte et les a même classées sur une sorte de carte afin de trouver ensuite la plus adaptée », précise Antoine Cully. C’est en robotique, la technique du compromis exploitation-exploration. Ce qui laisse dans bien des domaines, une infinité d’applications possibles.

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