Les lobbies bruxellois défendent des objectifs contraignants pour favoriser l'efficacité énergétique des bâtiments



Cafeine Le Mag
Mercredi 14 Novembre 2012

40% de la consommation d'énergie en Europe est représentée par les bâtiments. Ils émettent 36% des gaz à effet de serre. Pour réduire cet impact, il faut accélérer les réformes. Et selon les lobbies bruxellois, il y a urgence.


Les lobbies bruxellois défendent des objectifs contraignants pour favoriser l'efficacité énergétique des bâtiments

Des réformes trop lentes

L'objectif de l'Union européenne est déjà fixé. Il s'agit de réduire de 80 % la consommation énergétique des bâtiments, d'ici 2050. Dans le même temps, les Européens veulent aussi diminuer l'impact environnemental des futures constructions. Cet objectif ambitieux reste réalisable. Des technologies vertes peuvent être utilisées pour les nouvelles constructions. Et les techniques d'isolation « durables » permettent de réduire les besoins en énergie. Ce projet n'est pas irréaliste, mais il faut accélérer leur mise en œuvre. C'est le point de vue des lobbies de l'efficacité énergétique des bâtiments. Ainsi, EuroACE, lobby bruxellois, a déploré les faiblesses de la politique européenne lors d'une conférence sur la construction durable en mai dernier.

Les chiffres confirment semble-t-il le point de vue d'EuroACE. Le charbon est responsable d'une grande part des émissions de gaz à effet de serre. Or, il reste la première source d'énergie utilisée pour les bâtiments en Europe centrale et orientale. Quant à la rénovation des bâtiments anciens, elle suit un train de sénateurs. Selon les statistiques européennes, chaque année 1,2 % des bâtiments anciens sont effectivement transformés en Europe. Les statistiques sont encore plus faibles pour les constructions neuves. Seulement 1% des nouveaux bâtiments répond aux objectifs européens de performance énergétique et environnementale. Enfin, sur 10 bâtiments existants aujourd'hui, 9 seront encore présents en 2050. Pour EuroACE, il n'est pas seulement temps d'agir. Il est urgent de le faire.

La nécessité des contraintes

Sans mesures contraignantes, il ne sera pas possible de traduire dans les faits la volonté européenne. Pour que la politique environnementale et énergétique soit efficace, des contraintes doivent apparaitre. C'est ce que réclame EuroACE. D'ailleurs, une proposition de directive de juin 2011 propose certaines mesures contraignantes. Mais l'organisation dénonce également la suppression de subventions. En effet, en raison de la crise, plusieurs pays européens ont supprimé des subventions allouées au secteur des énergies renouvelables. Pour les lobbies, il y a là une erreur comparable à l'absence de contraintes.
 
Pour le BPIE, autre organisme bruxellois, les résultats de la réglementation européenne en matière de construction sont effectivement mitigés. Il relève que le grand nombre de règles rend difficiles leur application et leur contrôle. Selon le BPIE, l'application de cette réglementation ne fait pas l'objet d'un contrôle systématique. Ce point faible est un point central. Pour y apporter une réponse efficace, il faut harmoniser la réglementation grâce à un cadre politique intégré. Le BPIE a publié un rapport sur cette harmonisation. Il propose la mise en place d'un fonds européen spécialisé chargé de favoriser la rénovation des bâtiments. Cet organisme centraliserait la règlementation. Et édicterait les normes contraignantes. Ce dispositif européen ambitieux et cohérent devrait se traduire dans les droits nationaux des pays membres pour y être appliqué.

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