Lourd héritage entrepreneurial



Mercredi 19 Février 2014

L’activité économique mondiale tend à modifier les tailles des entreprises. Pour l’entrepreneuriat familial, il s’agit d’un véritable casse-tête quand il s’agit de transmettre et de rester maître du bateau entreprise.


Lourd héritage entrepreneurial
Une histoire humaine en priorité

L’actualité le montre avec l’orientation que prend l’industrie automobile familiale. Et peu importe la taille. La famille Peugeot détient toujours l’entreprise d’origine Franc-comtoise qui rugit toujours avec son emblématique lion.

Cette dernière vient d’adhérer à l’association les Hénokiens, reservée aux entreprises plus que bicentenaires. La famille Peugeot détient un patrimoine historique avec l’entreprise au lion, digne d’entrer au patrimoine mondial de l’UNESCO, que ce soit pour le redressement du pays après la guerre ou encore dans le développement industriel qui a contribué à modifier des zones géographiques, tant en termes de dynamisme que d’aménagement.

Et Peugeot n’est pas la seule famille à s’être posé des questions. Des PME, comme celle détenue par la famille Weill, en plein cœur de Paris, avec l’entreprise Weillrobert, qui conçoit et fabrique de la Publicité sur le Lieu de Vente (PLV). Cette entreprise d’une cinquantaine de salariés, bien plus que centenaire a connu de nombreux tournants liés à l’histoire et à la technologie. La famille Weill a été contrainte de partir en zone libre en période d’occupation, laissant l’entreprise à Mme Geneviève Cabouat, alors employée. Cette dernière a lutté pour ne pas livrer l’entreprise aux allemands. A la libération, cette étrangère à la famille entre dans le capital de l’entreprise. Pierre-Alain Weill, aujourd’hui aux mannettes de l’entreprise, et conditionné dès son plus jeune âge, a tout comme son père insufflé un vent de transformation, notamment des points de vues technologiques et stratégiques.
Les clients de Weillrobert, dont les centres de décisions ont évolué ont obligé à imposer de nouvelles méthodes commerciales, au risque d’être mangé par des multinationales. Rester petit pour garder une flexibilité et une créativité semble essentielle pour M. Weill. Pour le contrôle familial de l’entreprise, bien évidemment, il souhaiterait conserver cette forme, mais « l’entreprise fera le choix qui sera le plus opportun pour son avenir », quitte à céder le contrôle ou à intégrer un Groupe.

Choix décisionnel vital

Pour éviter l’écueil de rester familial jusqu’au bout des doigts quitte à sacrifier l’entreprise, les entreprises familiales s’ouvrent. C’est ainsi que Peugeot va faire rentrer Dong Feng et l’Etat français à son capital, avec le risque de ne plus être l’actionnaire de référence. C’est la décision qui est sans doute la plus sage afin de financer une croissance et de se faire doubler pour ensuite mourir.

C’est également le cas de la famille Agnelli qui possède Fiat et qui ouvre sa porte à l’américain Chrysler. La famille Quandt, qui détient BMW a toujours réinvesti ses dividendes pour contrôler l’entreprise, …mais jusqu’à quand ? Pour le moment, la stratégie familiale concentrée sur un segment niche de l’industrie automobile fonctionne bien.

Les entreprises familiales à forte intensité capitalistique sont plus exposées à trouver des partenaires extérieures pour financer leur croissance. Peut-être que les Hénokiens pourront permettre des rapprochements entre entreprises familiales pour organiser des mariages fructueux. Un choix décisionnel vital pour garder un caractère familial.

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