Manger des insectes, pas si vite !



Vendredi 10 Avril 2015

On parle de plus en plus de consommation et d’élevage d’insectes pour assurer nos besoins en protéines. Pas si vite répond l’ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation. L’élevage d’insectes reste mal connu.


Production d'insectes en Thaïlande
Production d'insectes en Thaïlande
Ver de farine, mouche soldat ou criquet… Dans un futur proche, les insectes pourraient représenter une alternative à la consommation de protéines animales. Plus largement, une solution pour lutter contre la faim dans le monde. C’est la grande tendance. Tendance très sérieuse car elle est soutenue par la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Cette dernière préconise en effet l’élevage d'insectes à grande échelle afin de nourrir les neuf milliards d’habitants que comptera la planète d’ici quinze ans. Dans la foulée, les spécialistes prédisent une augmentation de la consommation d’insectes dans les années qui viennent. Et les industriels se mettent au travail.

Pas si vite pourtant, semble dire l’ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation dans un rapport rendu cette semaine. L’agence pointe notamment le manque de recherches et de connaissances concernant l'élevage de grande envergure. Si le fait de manger des insectes fait son chemin dans les pays du Nord, dont les habitants sont peu habitués à cette tradition, dans la pratique, subsistent de nombreuses interrogations. Notamment sur d’éventuels risques pour la santé. « On s’est rendu compte qu’il n’y avait aucun état des lieux de l’ensemble des connaissances scientifiques sur les risques sanitaires liés à la consommation d’insectes », explique à 20 Minutes, Stéphane Larréché, responsable de l’évaluation des risques biologiques dans les aliments à l’ANSES, et coordinateur de l’étude présentée cette semaine.

De nombreuses lacunes ressortent. En matière de production et d’élevage notamment. Aujourd’hui, on ignore tout du type de reproduction, d’alimentation et d’abattage des insectes afin de proposer au consommateur, en bout de chaîne, un produit sain. On ignore également quel genre d’insectes élever pour la consommation. Les questions sanitaires sans réponses sont nombreuses. Par exemple, un risque réel d’allergies a été démontré. Les insectes sont porteurs d’allergènes identiques à ceux des crustacés, des mollusques ou des acariens. Que les chercheurs continuent et prennent leur temps. Car tout cela ne donne pas très envie.

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