Ministres : tweeter ce n’est pas jouer



Mercredi 14 Mai 2014

Si c’est au sein des cabinets ministériels que se rédigent les tweets des ministres, la tactique est double : ça passe ou ça casse.


Ministres : tweeter ce n’est pas jouer
À trop vouloir jouer avec le feu, on se brûle. Et le Net, qui ne laisse rien passer s’impose comme un sacré couperet. On se souvient, l’été dernier du tweet d’Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication, fort de six fautes d’orthographe ! Embêtant quand un tweet ne doit pas excéder 140 signes et que la ministre est agrégée de lettres classiques... L’effet est dévastateur : on ne retient même pas l’objet du tweet, mais sa forme.
 
Dans ce cas précis, la responsabilité a été rejetée sur un conseillers. Facile. Pourtant, la quasi totalité des membres du gouvernement ne rédige pas ses messages. Ils sont sous-traités par des équipes spécialisées. Composées de chargés de communication, véritables community managers, ils doivent animer les comptes Twitter des ministres et des membres du gouvernement. Issus de la génération 2.0, ils sont jeunes et maîtrisent parfaitement le Web et les réseaux sociaux.
 
Si le tweet bourré de fautes d’orthographe d’Aurélie Filippetti reste anecdotique dans le contexte avtuel, il reste cependant symptomatique d’une époque où l’immédiateté est érigée en valeur phare. On agit et on réfléchit après. D’ailleurs, le Président de la République, a souhaité rendre plus professionnels les tweets des membres du gouvernement avec mise en garde initiale, sous-entendu,  faites attention à votre activité numérique. En leur demandant d’être vigilants, il veut éviter les dérapages de certains ministres de Nicolas Sarkozy : les tweet perso d'Éric Besson ou les éclats de Nadine Morano. François Hollande en revanche, n’avait pas imaginé que le danger pouvait venir de l’ancienne première dame, Valérie Trierweiler, serial tweeteuse et pas à une gaffe prêt.
 
Le mot d’ordre : moins vous tweetez, plus vous serez aimez. D’ailleurs, on explique pas sa politique en 140 signes… La langue de bois est donc passée par Twitter. Les ministres ont compris le message. Pas d’injures, pas de posts personnels, mais plutôt, 140 signes de communication institutionnelle. De micro communiqués au service, et en accord, avec la politique gouvernementale.
 
Au-delà, la sous-traitance des tweets par des conseillers, pose un problème. Elle permet aux ministres de rendre compte instantanément de leur activités et de leur opinion, ce qu’ils n’auraient a priori, pas le temps de faire. Mais il y a un décalage entre le message soi-disant écrit par un ministre et ses followers, pour qui Twitter, est un instrument d’expression spontané. Au-delà, la pratique reflète une multitude de comportements différents, des cafouillages et un déficit de clarté. Comme sur d’autres sujets, concernant sa relation à Twitter, le gouvernement fait preuve d’un manque de ligne directrice et d’unité.
 
 

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