Nucléaire franco-chinois : Areva compte toujours garder une longueur d’avance



Mercredi 11 Décembre 2013

Le partenariat commercial franco-chinois dans le nucléaire civil vient de fêter ses trente ans. C’est une manière de renouveler la bonne entente entre les deux pays. Les leviers sont nombreux pour que la France reste attirante en termes d’offre nucléaire pour la Chine.


Nucléaire franco-chinois : Areva compte toujours garder une longueur d’avance
La Chine : un partenaire commercial qui compte pour la France

C’est en grande pompe que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, s’est rendu quelques jours en Chine du 6 au 9 décembre 2013. C’est à l’occasion d’un séminaire au Grand Palais du Peuple de Pékin que M. Ayrault  a consolidé de manière très solennelle cette entente de trois décennies de partenariat du nucléaire civil.

Il s’agit avant tout de montrer la suprématie mondiale durable de la France en matière de technologie et d’industrie du nucléaire. La moitié des constructions de réacteurs dans le monde sont réalisés par la France. Dans quinze ans, la France produira le tiers du marché mondial.
La Chine qui compte de plus en plus s’équiper en centrales nucléaires est donc un partenaire de choix pour la France, comme l’est également la Russie. Le fait de maintenir un partenariat commercial dynamique ne pourra que servir les industriels du nucléaire français.

Un transfert de technologie toujours d’actualité

Comme pour tout produit, il existe une montée en gamme pour les centrales nucléaires. Les installations nucléaires classiques sont majoritairement fabriquées par les chinois à partir de la technologie française. Et cette attitude d’Areva de lâcher de la technologie chez son client chinois s’avère payante. Les commandes de la Chine sont en hausse. Areva construit deux tranches du réacteur de nouvelle génération EPR, à la centrale de Taishan, dans la province du Guandong.
D’ailleurs, c’est en Chine que seront inaugurés les premiers réacteurs EPR dans le monde. Ce pays compte comme de nombreux gros clients comme l’Inde, localiser la construction des réacteurs. Grâce aux achats offsets mis en place, des co-entreprises locales sont créées. Elles devraient passer de quatre à dix rapidement.
Dans cette perspective, Areva a tout à gagner, et même devenir fournisseur dans la construction d’éléments de centrales où le français n’aurait pas été retenu pour la construction complète.

Le recyclage de combustible nucléaire reste un sujet délicat

Le Chine veut son usine de retraitement de combustible nucléaire, à l’image de Melox, en France. Cette technologie a déjà été vendue au Japon il y a quelques années, avec l’usine de Rokkasho-Mura.
Une lettre d’intention a été signée entre François Hollande et Xi Jinping. Les négociations devraient durer jusqu’en avril prochain, date où le Président chinois visitera la France et pourra signer le contrat.

Le recyclage de combustible usagé reste toujours délicat. C’est Areva qui possède la technologie la plus aboutie dans le monde. Le processus de vitrification reste très compliqué à mettre au point en usine et à maîtriser. Un défaut pourrait avoir des conséquences désastreuses au niveau sanitaire et environnemental. C’est un défi que doit relever l’industrie nucléaire française pour son partenaire privilégié.

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