Procrastiner a sa journée mondiale



Jeudi 26 Mars 2015

On pourrait penser à une blague, mais non. Hier, mercredi 25 mars, a eu lieu la journée mondiale de la procrastination...


Procrastiner a sa journée mondiale
Procrastiner : « Reporter au lendemain, remettre à plus tard quelque chose, généralement par manque de motivation ou par paresse. » Dans tous les cas, refuser l’adage : « ne pas remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même. » Dans la grande famille des procrastineurs, on peut trouver des flemmards, des étudiants, de vrais débordés, mais aussi des dépressifs ou des « phobiques administratifs » comme le fameux Thomas Thévenoud…

Plus surprenant, quelque soit leur profil, les procrastineurs de tous les pays ont leur journée mondiale. Dingue. Elle a donc eu lieu hier, mercredi 25 mars, et a été instaurée il y a cinq ans. Au-delà de l’anecdote, la procrastination peut gâcher et handicaper la vie de ceux qui en souffrent. Compliqué en effet de gérer quand on n’a pas ouvert son courrier depuis un an, que l’on n'est jamais allé chercher ses recommandés à la Poste ou que l’on zappe systématiquement les dates butoirs : impôts, loyer, cantine (Monsieur Thévenoud en connaît un rayon.) Et évidemment, plus on attend, plus la situation se complique, jusqu'à devenir inextricable. Un gros gloubiboulga d'arriérés insurmontable.

C’est ce qu’explique à 20 Minutes.fr, Alexandra Rivière-Lecart, psychologue clinicienne : « ceux qui en souffrent repoussent tout au lendemain, au point de les handicaper socialement, sentimentalement... » En revanche, si c’est un trait de caractère ou un trait psychologique, ce n’est pas une pathologie. Ce qui n’empêche pas certains procrastinateurs de consulter pour essayer d’enrayer la machine infernale. Les thérapies cognitives-comportementales seraient efficaces.

« Parmi les patients », explique encore Alexandra Rivière-Lecart à 20 Minutes, « on trouve des perfectionnistes, qui ne supportent pas l’idée de faire un travail imparfait et préfèrent s’abstenir que de risquer l’échec. Mais il y a également des personnes sensibles et leur problème touche alors à l’estime de soi. Ils craignent que le travail qu’ils vont rendre ne reflète pas la profondeur de leur pensée et ne supportent pas les limites (de temps par exemple). » Pour d’autres, procrastiner, est une façon de mettre en avant leur toute-puissance.

Pour la psychologue, certaines personnes qui ont tendance à procrastiner, les étudiants sont les plus nombreuses, « voient dans la fin l’idée de la mort, d’autres voient dans l’obligation de faire quelque chose une occasion de jouer avec le cadre et les limites et d’en tirer du plaisir. Derrière le fait de tout repousser au lendemain, il y a aussi chez certains l’espérance que quelque chose leur sauvera la mise, un prof absent… » Dans tous les cas, un procratinateur trouvera toujours une alternative, un dérivatif, autre chose à faire que de se mettre aux tâches que justement, il repousse. 

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