Publicité sur internet : l'internaute ne vaut pas grand chose



Mickaël Bazoge
Lundi 5 Mai 2014

Les géants de l'internet, Google et Facebook en tête, n'ont qu'une idée : soutirer à leurs utilisateurs le maximum de données personnelles. Ces informations sont particulièrement précieuses, car une fois revendues aux régies publicitaires, elles permettent l'affichage de bandeaux correspondant aux goûts et aux préférences de l'utilisateur.


Publicité sur internet : l'internaute ne vaut pas grand chose
Un exemple parmi d'autres : il est courant de tomber sur des publicités vantant les mérites d'une agence de voyage après avoir avoir surfé sur un site touristique. Ça n'est évidemment pas le fruit du hasard : cette visite, pondérée par les préférences de l'internaute (son âge, son sexe, le niveau de ses revenus…), a été revendue et analysée par une régie publicitaire.
 
Cette intrusion dans la vie privée des utilisateurs est souvent vécue comme un mal pour un bien : en échange de la gratuité des services de Google ou de Facebook, j'accepte de consulter de la publicité ciblée. Google va même jusqu'à scanner les courriels (via un robot) afin de proposer des bandeaux personnalisée au contenu des messages !
 
Notre présence, nos habitudes et nos goûts peuvent donc être monétisés, certains activistes n'hésitant d'ailleurs plus à demander aux mastodontes d'internet de rémunérer les internautes pour utiliser leurs services — après tout, cela a du sens : les entreprises du web génèrent des revenus considérables du traitement et de la revente des informations personnelles des internautes.
 
Oui mais voilà : la valeur du profil en ligne d'un utilisateur d'internet ne vaut pas grand chose. D'après le décompte du Financial Times, des informations de base, tels que l'âge, le sexe, la localisation géographique, sont facturées aux régies 0,50$ pour 1 000 personnes, soit… 0,0005$ pour un internaute ! C'est un peu plus intéressant si cette personne recherche un véhicule, un voyage ou un produit financier : dans ce cas, elle « vaut » 0,0021$, ou encore 2,11$ pour 1 000 personnes.
 
Plus les informations sont ciblées, plus la valeur du profil augmente. Un annonceur pourra vendre des médicaments à une personne ayant des problèmes de santé spécifiques contre 0,26$. Une femme enceinte dans son troisième trimestre « vaut » 0,11$. Bref, même en affinant au maximum un profil, le coût de ce dernier ne dépassera que très rarement le dollar. On est peu de chose…

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