Quand réduction de l’obésité rime avec économies



Mercredi 26 Février 2014

Une baisse spectaculaire de l’obésité des enfants américains vient d’être enregistrée. La stratégie de communication est au centre de ce résultat. Objectifs : vivre mieux et baisser la facture de soins médicaux.


Quand réduction de l’obésité rime avec économies
Problème sanitaire

Une enquête du centre de contrôle et maladies publiée aujourd’hui par le Journal of the American Medical Association montre que « l’obésité aurait baissé en dix ans de 43% chez les américains âgés de 2 à 5 ans ».

Or, c’est cette tranche d’âge est déterminante : une fois adulte, l’enfant obèse a cinq fois plus de risques de devenir obèse à l’âge adulte. Les risques de diabète, cancer, maladies cardio-vasculaires, sont ainsi fortement augmentés.

Le problème se pose dans les pays émergents à présent. La consommation de sucre en Chine explose. Et ce n’est pas fini : Les stocks mondiaux de sucre augmenteraient pour la quatrième année consécutive et s’élever à 4.7 millions de tonnes, selon l’organisation internationale du sucre.
Le Président équatorien en a fait son cheval de bataille avec sa « guerre au surpoids » : 24% des équatoriens de 12 à 19 ans sont atteints d’obésité, et le diabète reste la principale cause de mortalité en Equateur.

Problème économique

Selon une étude du Crédit Suisse publiée le 22 octobre 2013, « le sucre : [porte] une note salée pour l’économie ». En effet, 90% des médecins américains, européens et asiatiques interrogés ont l’intime conviction que la consommation excessive de sucre est responsable de la plus grande partie des 400 millions de diabète de type 2 qui coûtent environ 348 milliards d’euros au système mondial de santé.
Compte-tenu du fléau lié aux problèmes de diététique, le cours de la livre de sucre a plongé à la bourse de New York de plus de 15% en janvier dernier. L’industrie sucrière serait-elle en crise ? L’industriel Suisse Bunge souhaite céder ses sucreries brésiliennes acquises en 2009-2010 au prix fort : 1.5 milliards de dollars. La production mondiale augmente plus vite que la consommation de sucre. Cette dernière s’établit à 2% par an.

En France, le sujet est différent : les betteraviers sont soumis à des quotas de l’Union Européenne. La production pourrait être bien supérieure : ce sera possible dès 2017, mais à quel prix ? L’industrie sucrière française aurait ainsi besoin d’innover et de se transformer pour se préparer à un changement qui n’imposera plus de quotas, et qui stoppera aussi les subventions.

Le gouvernement français a taxé les boissons sucrées et tous les dérivés à base de sucre pour lutter contre l’obésité. Ce n’est pas pour cela que les boissons sucrées et le chocolat fourré ou au lait se vendra moins. D’ailleurs, selon Bruno Hot, le Président du Syndicat national des fabricants de sucre en France : « la consommation de sucre en France stagne alors que l’obésité augmente ».

Action de communication

L’implication de la population et sa responsabilisation sont aux Etats-Unis au centre de l’action. Le maire de New York, M. Bloomberg avait voulu interdire l’année passée les sodas en grands conditionnements (plus d’un demi-litre). Mais cette intention n’était pas assez suffisante pour que les américains ingurgitent moins de soda.

Michelle Obama, la femme du Président, en a fait son cheval de bataille, et ça fonctionne. Mettre en garde la population semble bien plus efficace que de taxer. Pour la France, il faudra trouver un bon ambassadeur, et cela pourrait faire gagner des milliards à la sécu…

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