Quels intérêts business de faire entrer la Turquie dans l’Union Européenne ?



Jeudi 30 Janvier 2014

Le volume d’échanges entre la France et la Turquie représente 15 milliards d’euros. C’est l’équivalent de la contribution européenne de la France. A qui profite l’adhésion de la Turquie ?


Quels intérêts business de faire entrer la Turquie dans l’Union Européenne ?
Tout sauf prendre appui sur le passé

Il ne vaut mieux pas avoir la mémoire courte. La Turquie a toujours fait partie de l’Asie, et d’ailleurs en fait encore partie. C’est sans doute une révolution que de proclamer une Turquie européenne.
L’empire Ottoman n’est pourtant pas si loin. Souvenez-vous des harems et autres plaisirs masculins sous couvert de terreur féminine. Heureusement tout cela reste dans le passé.

Révolution encore avec les partis politiques qui pour le moment restent tout à fait dans un état immature en Europe : les partis religieux. Les démocrates chrétiens européens sont bien présents, sans être majoritaires ou même très influents. Les partis religieux très influents de la Turquie pourraient faire leur entrée au parlement, souvent d’origine musulmane. Cela coupe fondamentalement avec les racines chrétiennes de l’Europe. Il faut remonter à l’Espagne arabe moyen âgeuse pour constater l’invasion sud-européenne par les musulmans.

Posture des entreprises européennes

Lors de sa visite d’Etat en Turquie, le Président Hollande s’est déplacé avec son armée d’entrepreneurs pour signer de nombreux contrats. Or, si la Turquie est si intéressante, c’est parce qu’elle n’est pas présente en Europe et n’est pas sujette à la réglementation européenne.

Outre le cours de la livre turque très intéressante par rapport à l’euro, les prix restent tout à fait compétitifs. La main d’œuvre qualifié reste tout à fait importante et d’un rapport qualité/prix très intéressant. Ce n’est pas un hasard si Renault a fait sortir de terre il y a plus de dix années son usine de Bursa, qui aujourd’hui est une des plus productives du monde.
Alors quel intérêt pour les européens de faire rentrer la Turquie dans l’Europe ? Pas grand-chose, ou peut-être éventuellement, les problèmes douaniers. Les entrepreneurs n’ont aucun intérêt à faire passer la Turquie dans l’Europe.

Posture de la Turquie

Il semble évident que la Turquie a tout à gagner en rentrant dans le marché européen. Les réglementations vont bénéficier aux actifs turcs. Le niveau de vie et le pouvoir d’achat s’en trouvera amélioré. Toutefois, la Turquie perdra un avantage compétitif par rapport à la Roumanie ou à la Bulgarie, ses proches voisins.

Tous deux restent des bastions industriels et de services émergents qui sont dans l’obligation d’appliquer les directives européennes. C’est aussi l’Europe qui leur a donné les moyens d’améliorer leur quotidien et d’innover.
Par ailleurs, l’Europe est aujourd’hui en crise alors que la Turquie est en pleine croissance tel un pays émergent. Alors, rentrer dans l’Europe signifierait la fin d’un eldorado et d’une période d’euphorie.
De nombreux éléments contradictoires et contemporains montrent des attirances et des rétentions de l’adhésion de la Turquie. Si l’on se réfère au passé, rien n’indique que la Turquie rallie naturellement l’Europe. Il reste l’ascension de la population turque, qui subira un changement. Est-elle prête ?

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