Rémunération des dirigeants, ce qui va changer



Cafeine Le Mag
Mardi 30 Octobre 2012

En période de crise, l'exemplarité devient une exigence. Il est difficile en effet, de prendre des mesures qui pénalisent le plus grand nombre si les élites dirigeantes ne sont pas concernées. Le gouvernement a décidé de lancer l'offensive.


Rémunération des dirigeants, ce qui va changer

Des rémunérations hollywoodiennes

Diminuer de 30 % les salaires des ministres et du président de la République n'est pas seulement une mesure symbolique. Il s'agissait pour le nouveau pouvoir de donner l'exemple. Les mesures budgétaires attendues vont sérieusement rogner le pouvoir d'achat des Français. Les ménages les moins favorisés ne doivent pas être les seuls à supporter l'effort. Or les pratiques les plus critiquées ne sont pas celles qui concernent la rémunération des politiques. Encore que les retraites des parlementaires ainsi que le cumul des mandats alimentent régulièrement les réflexions. Ce sont surtout les émoluments des dirigeants d'entreprises privées ou semi-publiques qui suscitent le plus de commentaires.
 
Ces dirigeants bénéficient en effet de rémunération sans commune mesure avec celle des salariés. Mais plus encore, ils obtiennent des conditions de départ qui provoquent depuis plusieurs années la réprobation générale. Outre les bonus dont ils bénéficient, ils quittent les entreprises avec des retraites chapeaux dignes de stars hollywoodiennes. Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les autorités sont depuis environ deux ans très attentives à ces pratiques et tentent de les limiter. La lutte contre de tels excès figurait au programme de François Hollande. Il n'est donc pas étonnant que le gouvernement se lance sans attendre dans cette bataille.

L'offensive gouvernementale

L'État français dispose de voix dans les conseils d'administration d'entreprises publiques. Aussi, même si celles-ci fonctionnent comme des entreprises privées, les volontés de l'actionnaire public ne peuvent être ignorées. D'autant plus que même si l'État n'est pas majoritaire, il dispose de la minorité de blocage. Ainsi, le PDG de Safran a été la première victime de la politique d'exemplarité des rémunérations des hauts dirigeants. Avec ses 30 % de participation l'État a pu s'opposer au vote d'une rémunération spéciale en cas de cessation de son mandat de PDG, ainsi qu'à une retraite chapeau des plus confortables. Ce dernier a également voté contre l'attribution d'une indemnité de 400 000 euros déjà versée, à l'ancien PDG d'Air France à la suite de son départ.

Le gouvernement entend réduire l'écart de salaire entre les dirigeants et les employés dans les entreprises publiques. François Hollande s'est engagé à ce que cet écart soit de 1 à 20. Il veut mettre en œuvre cette mesure le plus rapidement possible, et souhaite l'imposer aux contrats en cours. Une des difficultés principales vient du fait que pour les entreprises de droit privé, il n'est pas possible de modifier les contrats de travail sans un accord de l'employé. Ainsi, certains dirigeants devront accepter une réduction conséquente de leur rémunération. C'est le cas du PDG d'EDF, Henri Proglio, qui verrait son salaire baisser à 600 000 euros par mois. Enfin, si le gouvernement peut exiger des efforts de la part des entreprises publiques, il n'en est pas de même pour les grands groupes privés. Désormais, le débat est ouvert.

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