Risque de concentration de l’industrie française des opérateurs de téléphonie mobile : opportunité ou menace ?



Mercredi 12 Mars 2014

Un des offres d’achat de SFR repose sur la disparition d’un opérateur. Les prix vont-ils augmenter ou non ? Analyse avec le cas autrichien très en avance sur la France.


Risque de concentration de l’industrie française des opérateurs de téléphonie mobile : opportunité ou menace ?
Un choix pour Vivendi en toute liberté

Rappelons que Vivendi souhaite recentrer son cœur de métier. Ainsi, SFR qu’il détient ne rentre plus dans son portefeuille d’activités stratégique et a décidé de le vendre.

Quatre opérateurs sont aujourd’hui présents en France : SFR, Orange, Bouygues Telecom et le plus récent Free. Ce dernier bénéficie moyennant un contrat spécifique du réseau d’Orange afin de couvrir une grande partie du territoire.
Par ailleurs, le succès des prix cassés volontairement par Iliad, la maison mère de Free a orienté les clients vers ce nouvel opérateur naissant. Pour rester dans la course, les autres opérateurs se sont peu à peu alignés en termes de prix et de service. L’offre « triple play », soit téléphone fixe + télévision + internet ont commencé à fleurir. Numéricable souhaite rentrer dans la course en ayant l’ambition d’attaquer le marché « triple play + mobile » avec l’acquisition de SFR.

Bouygues, quant-à lui, est également intéressé par SFR. Il a donc déposé un dossier pour racheter ce dernier. Et Free a décidé de se joindre à cette offre en rachetant les antennes relais de Bouygues qui feront doublon avec le réseau très complet de SFR.
Vivendi possède donc deux offres de reprise très différentes tant du point de vue du montage financier que de la stratégie à venir. Le PDG de Vivendi, Jean-René Fourtou a donc les possibilités en mains de décider le paysage des opérateurs mobile durablement.

Le rachat par Numéricable permet de maintenir une concurrence de quatre opérateurs mobiles et de quatre opérateurs de l’internet. Au cas où Bouygues « fusionne » avec SFR, il n’existera plus que trois opérateurs, et le phénomène de concentration sera inévitable.

Concentration et prix

Logiquement, sui la concurrence est moins importante, les prix pourraient partir à la hausse. A l’inverse, l’arrivée de Free a bouleversé les marges confortables et l’argent « facile ».  Les spécialistes sont partagés.

L’exemple autrichien est flagrant. Le marché du téléphone mobile était très mature. Les quatre opérateurs se livraient une compétition sans merci, en conséquence de quoi les prix pratiqués en Autriche étaient les moins chers d’Europe.
Or, Orange Austria a été rachetée par 3 Austria. Au passage, l’Etat Autrichien a bénéficié dans l’opération de 2 milliards d’euros. Bruxelles avait émis des conditions spécifiques lors de la cession, mais rien n’a fait.
Avec un opérateur en moins, le prix moyen des abonnements autrichien a bondi de près de 20%. Cela reste tout de même deux fois moins cher qu’en Suisse.

Or, le phénomène pourrait effectivement se reproduire en France. Seulement, le Directeur Général d’Iliad a bien indiqué que la hausse des prix des abonnements n’était pas à l’ordre du jour. Si Orange et Bouygues-SFR augmentent leurs tarifs, ces derniers perdront leurs clients au bénéfice de Free. Le stratège Xavier Niel, le PDG d’Iliad possèdera donc les cartes en mains en cas de concentration de la téléphonie mobile en France.

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