Sevrage tabagique : pas tous égaux



Valérie Dumas
Mercredi 25 Juin 2014

Des IRM effectuées sur des fumeurs tendent à démontrer qu'il existe une relation entre la manière dont le cerveau réagit aux récompenses et l'attrait du tabac.


"Les résultats de notre étude expliquent peut-être pourquoi il est tellement compliqué pour certains fumeurs d'arrêter la cigarette" indique Stephen Wilson, professeur assistant à l'université de Penn State aux Etats-Unis, et auteur de la recherche présentée dans la revue Cognitive, Affective and Behavioral Neuroscience. Et il ajoute "Par exemple, les incitations à arrêter qu'elles soient financières ou reliées à l'état de santé, peuvent être plus ou moins valorisées par les individus et, de ce fait, avoir moins d'impact sur leur comportement."

Un striatum plus ou moins réactif

L'étude a consisté à observer par IRM fonctionnelle le comportement du striatum ventral des fumeurs, une petite structure nerveuse qui se situe au niveau du cerveau, juste en dessous du cortex cérébral. Le striatum a récemment été identifié comme centre de la motivation, s'activant lorsqu'un individu associe un effort physique à un effort mental.
 
Ainsi, les fumeurs qui n'ont pu résister à la tentation de fumer pendant l'expérience menée par les chercheurs étaient ceux dont le striatum se montrait le moins réactif aux récompenses offertes contre l'arrêt du tabac, et notamment à des rétributions financières. "En identifiant les fumeurs plus ou moins réceptifs aux incitations au sevrage tabagique, il pourrait leur être proposé un protocole spécifique" indique Stephen Wilson.

Les traitements du sevrage tabagique

Pour les fumeurs qui ne seraient donc pas suffisamment vénaux pour s'arrêter contre incitation financière, des traitements du sevrage tabagique existent, fort heureusement.
 
Pour autant, alors que d'ici 2020, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit que le tabac sera la principale cause de décès et d'incapacité, avec plus de 10 millions de victimes par an, les traitements du sevrage tabagique ne sont pas assez pris en charge par les pouvoirs publics.
 
En France, les experts ont bien identifié l'aide aux fumeurs comme indispensable pour qu'ils puissent arrêter, c'est à dire la promotion d'un accompagnement médical et médicamenteux. Or, le niveau de remboursement est insuffisant et il ne suffit pas de rembourser les produits car la démarche médicale de sevrage est tout aussi déterminante dans ce parcours du combattant. Rappelons qu'actuellement, la sécurité sociale ne prend en charge que les traitements par substituts nicotiniques et à hauteur de 50 euros par an (150 euros pour les femmes enceintes). Les remboursements de mutuelles sont, quant à eux, très variables.
 
Selon Tabac Info Service, 73 000 personnes meurent du tabac chaque année en France.

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