Un Las Vegas espagnol ?



Cafeine Le Mag
Lundi 19 Novembre 2012

Un paradis de jeux de hasard devrait bientôt voir le jour en Espagne sous le nom d'Eurovegas. Sheldon Adelson, le roi des casinos à Las Vegas, rêve en effet d'implanter un complexe de 17 milliards d'euros à Madrid ou Barcelone.


Un Las Vegas espagnol ?

Sheldon Adelson hésite entre Madrid et Barcelone

Ne sachant pas encore quelle ville choisir pour son paradis de jeux de hasard, Sheldon Adelson se rendait récemment en Catalogne pour y rencontrer des dirigeants, et négocier des ristournes fiscales et autres avantages qui pèseraient dans son choix. Dans ce contexte économique de crise, les deux villes auraient bien besoin d'investisseurs, et Sheldon Adelson, conscient de sa position de force, ne manque pas d'attiser les rivalités entre Barcelone et Madrid. Que ce soit d'un point de vue politique, sportif ou économique, les deux villes sont en effet d'éternelles rivales, et ce, pour la plus grande joie de Sheldon Adelson, dont la devise est de diviser pour mieux régner. Ce magnat des jeux négocie d'ailleurs avec Madrid depuis cinq ans. Ainsi, la crise et la rivalité entre Madrid et Barcelone ont accéléré les choses et le verdict tombera l'été prochain.

Bon point pour l'économie

Que ce soit Madrid ou Barcelone, le bon point pour l'Espagne est que le projet de Sheldon Adelson apportera un regain économique au pays. Au bord de l'asphyxie avec ses 22,8 % de demandeurs d'emploi, les 164 000 emplois qu'apportera le groupe américain seront une véritable bouffée d'oxygène. De plus, à ces emplois, en rapport direct avec l'exploitation des sites, viendront s'ajouter 97 000 emplois indirects, sans compter les postes créés pour les travaux. Des travaux qui s'étendront jusqu'en 2022. Eurovegas est donc très attendu par les politiciens et demandeurs d'emploi, mais tout le monde ne partage pas cet optimisme, car certains gardent en mémoire l'échec des parcs Terra Mitica et Ilsa Magica, qui affichent des dettes records et licencient à tour de bras. De plus, l'attrait du secteur des loisirs inquiète au même titre que les nombreux projets qui n'ont jamais abouti. Par ailleurs, Eurovegas s’est déjà fait des ennemis sur place.

Eurovegas No

Une plateforme s'est constituée sous le nom de « Eurovegas No » et rassemble de plus en plus de citoyens espagnols. Comme son nom l'indique, Eurovegas No milite contre l'implantation d’un complexe de jeux d’argent, avançant l'argument que les centaines de milliers d'emplois promis ne sont qu'une illusion. En effet, le modèle économique serait celui d'une construction à l'excès, et ne créerait des emplois que sur le court terme. De plus, les exigences de Sheldon Adelson frôlent l'indécence, car il réclame entre autres, une exemption de cotisation sociale pendant deux ans, et dix ans pour la TVA et la taxe sur le jeu. Insatiable, Sheldon Adelson ne lancera son projet que si des modifications législatives au niveau de l'Espagne et de l'Europe sont faites en sa faveur. Un statut privilégié qui lui permettrait d'exercer sous un régime où la loi sur le blanchiment d'argent ne serait pas en vigueur, et où les travailleurs sur le site n'auraient pas les mêmes droits que les autres travailleurs espagnols. Des exigences qui sont donc, pour le moins choquantes, et qui pourraient jouer en défaveur du projet Eurovegas.

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