Un peu plus d’argent pour décider la décentralisation



Jeudi 16 Janvier 2014

Le chef de l’Etat François Hollande a déclaré que les départements seraient incités à fusionner ou à intégrer les treize nouvelles métropoles qui seront effectives en 2016. En cas de réalisation, la nouvelle unité bénéficiera d’un complément budgétaire en cadeau de bienvenue.


Un peu plus d’argent pour décider la décentralisation
Une ambiance sous haute tension

Le gouvernement s’intéresse à nouveau à la modernisation de la sphère publique. Les 22 régions devraient être redécoupées et leur nombre devrait être diminué d’un tiers pour atterrir à quinze nouvelles super-régions.
Pour la sphère privée, les entreprises, les interlocuteurs vont encore évoluer, les frais risquent d’augmenter et les décisions et conseils qui peuvent apporter quelque-chose, notamment en termes de soutien local et de politique d’internationalisation commerciale ou stratégique des entreprises devraient se complexifier.
Si les interlocuteurs publics se situent à plus de 200 km d’une entreprise, l’effet d’éloignement devrait coûter aux entreprises tant en termes d’efficacité que de dépenses indirectes.
Par ailleurs, les métropoles se constituent, bon gré, mal gré. Ainsi, les communes des alentours de Marseille sont quasi unanimes sur l’intégration de Marseille Métropole. Le gouvernement a outre passé, dans un cadre législatif, l’opposition des maires, qui ne sont pas forcément dans l’opposition politique.

Une pratique de décision contestable

Alors pour rallier les détracteurs et influencer les décisions, François Hollande a déclaré que les dotations d’Etat pourront « varier en fonction des efforts de chacun ». Autrement dit, le robinet sera davantage ouvert pour ceux qui iront dans le sens de la volonté du gouvernement, alors que les autres le verront se fermer.
Ceci indique que la décentralisation est un enjeu crucial pour la politique à court terme, grâce à cette forte pression financière. Il s’agit d’un pouvoir d’influence dans une lignée du « marche ou crève » qui ne laisse pas vraiment le choix en mettant volontairement le couteau sous la gorge.

Effet boomerang ?

En retour, il ne serait pas impossible que les acteurs directs qui doivent collaborer de manière très étroite avec les régions ou les départements interviennent de manière incisive pour changer les choses. Les Chambres de commerce, qui sont éclatées en Chambres de Régions et en Chambres départementales vont devoir se regrouper, alors que leurs actions ne sont pas redondantes, mais complémentaires.
Les découpages historiques risquent également de s’affronter. En effet, les régions Alsace et Franche-Comté sont voisines et possèdent peu de départements. Le fait de fusionner ces deux régions obligerait à revoir le statut particulier lié à l’histoire : non seulement les aides sociales, les infrastructures,… C’est un peu la même chose avec la Lorraine qui pourrait se greffer, tel une région « Grand Est » qui pourrait correspondre à une couverture d’un commercial dans une entreprise…

Maturité démocratique

Au-delà de tout élément pratique, le fait d’obliger une décision sous couvert de financements, pourrait s’avérer anti-démocratique. Par le passé, des dictateurs ainsi que des royaumes ont exercé ce type de pression de restrictions qu’elles soient financières ou alimentaires… Il est donc à se demander si la démocratie française est en train de revenir à des pratiques ancestrales et radicales.

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